LAÀS : actes de vandalisme à l’église et au cimetière ? Non, projet municipal!

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Nous
savions que le patrimoine était exposé à tous les dangers pendant la période estivale, et nous en avons ici une preuve incontestable.

Plusieurs personnes nous ont identifiés sur les réseaux sociaux, afin d’attirer notre attention et nous les remercions. À Laàs dans le département des Pyrénées-Atlantiques, non seulement on touche le fond, mais M. le Maire continue de creuser.

Non content de lancer son projet de réhabilitation de l’église du XIIe siècle pour la transformer en cabaret burlesque (projet qui avait bien entendu attiré l’attention de tous les médias de France et de Navarre), de façon unilatérale, en accord avec lui-même, il vient d’orner l’édifice d’une jolie construction en parpaings, destinée à soulager les spectateurs du futur cabaret.

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Si seulement les choses s’arrêtaient là, on aurait pu parler de la « simple » mutilation d’un joli témoin du patrimoine roman du Béarn, mais pour réaliser ces travaux, il a fallu éventrer le mur du cimetière, briser une croix et remuer la terre pour creuser une fosse. On peut aisément imaginer ce que l’on peut trouver sous terre quand on fait des travaux dans un cimetière. Qu’à cela ne tienne, ce ne sont pas quelques os qui contrarieront les travaux.

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De nombreux habitants de la commune sont vent debout contre ce projet auquel ils étaient farouchement opposés, et ils essaient de tout tenter pour arrêter le massacre. Pour le moment, et sans succès. Ils ont essayé de bloquer le chantier un matin, mais les forces de l’ordre les ont gentiment délogés.

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Pour l’heure, nous n’avons pas tous les éléments pour être plus précis et pour agir concrètement, mais nous sommes d’ores et déjà au travail.

Nous partageons ici la publication de Marie-Luce Cazamayou, une enfant du village dont les ancêtres reposent dans le cimetière et qui est bien décidée à lutter contre ce que nous appellerons, purement et simplement, une profanation.


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Ces murs ont été bâtis entre l’an 1100 et 1200, ce fut l’église du village qui a dominé et « protégé » le cimetière, dans laquelle les gens de notre village ont été baptisés, se sont mariés, ont confié leurs peurs, leurs secrets, leurs chagrins, et enfin où on a célébré leurs obsèques du XIIe au XIXe siècles. Elle avait été oubliée et nous étions reconnaissants à de jeunes élus de l’avoir sauvée des eaux en refaisant le toit. Mais le massacre de l’intérieur a commencé à ce moment-là : destruction du caveau de la famille propriétaire du château, destruction d’un petit hôtel de marbre blanc, et après 20 ans d’oubli, voici le saccage final ! Parpaings, trous sous les murs, projet insensé de cabaret burlesque, à l’heure où ferment les cabarets aux filles à seins nus à Paris …

Au premier plan, la tombe de ma famille, mes grands-parents, mon père et maman qui nous a quittés en décembre. Femme respectueuse du culte, qui nous a appris à nous souvenir d’où nous venions, et à respecter la foi de nos pères, comme la foi de tous ceux qui croient en autres religions … Voilà, les talibans ont détruit les grands Bouddhas d’Afganisthan au nom d’un islam radical et mortifère, ici on insulte notre petit patrimoine au nom d’une mode qui ne durera pas … Ainsi soit-il ? Croyez en notre peine.

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Les médias s’amusent : on fait le « buzz », « l’auto-proclamé prince » de notre petit village béarnais a décidé de transformer ce pauvre et émouvant reste de notre passé en cabaret ! Quelle idée formidable ! On accourt, on applaudit, on publie des pages entières sur ce miracle ! Quelle chance pour les villageois qui ont voté à 80% contre ce projet ! Enfin quelqu’un va faire leur bonheur malgré eux !

Quelle importance si, pour les latrines de ce lieu, il a fallu creuser la terre du cimetière, faire tomber une croix et la casser, détruire le muret et le portillon du cimetière, profaner la tombe d’un papa disparu trop vite ? Quelle importance si en remuant la terre on a saccagé de vieilles tombes ? Et qu’importe si ces latrines vont aller polluer le petit ruisseau qui file en dessous ?

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Quelle jolie photo fait ce tas de terre, sur lequel on distingue nettement des ossements humains ! Qui parle de patrimoine ? De cœur ? De respect des morts ? De respect de ce paysage avec sa vieille église, son presbytère, son cimetière ? Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne… que trouverons nous encore ?

Marie-Luce Cazamayou

Qu’ajouter d’autre ? Rien, si ce n’est que Monsieur le Maire doit souffrir d’amnésie, car au passage de l’an 2000 il était clair que ses intentions concernant son patrimoine était tout autre.

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En ce qui nous concerne, nous sommes toujours soucieux de l’avenir des édifices, et en particulier des édifices religieux. Mais à Laàs, les lieux possibles pour l’implantation du cabaret sont nombreux. Alors faisons en sorte que ce petit édifice roman accueille concerts et expositions, comme c’est le cas depuis des années, et que les défunts qui reposent au cimetière ne voient pas leur repos à nouveau troublé, juste pour faire le « buzz ». Le respect du présent, passera toujours par celui du passé.

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Crédits photographiques : photos 1-2-4-5 : Marie-Luce Cazamayou ; photo 3 : Louis Fabre

Le Blériot-Plage : requiem pour les chalets

upgoIl n’y a plus d’espoir pour les chalets du Blériot-Plage, le tribunal administratif de Lille vient de condamner une trentaine de « chaletistes » résistants au paiement d'une lourde amende et, comble de l'humiliation, les oblige à détruire leur chalet par leurs propres moyens.

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Pourtant, ces chalets ont sans conteste une réelle valeur patrimoniale, historique, touristique et, bien évidemment, sociale. Ces chalets de plage ont été édifiés juste après-guerre, en reconstruction des anciens, et représentent un élément identitaire fort du paysage littoral du Nord de la France.

Si certains se sont résignés, une trentaine de propriétaires luttent contre la décision prise par la préfecture du Pas-de-Calais qui vise la remise à l'état naturel de la plage de Blériot, autrement dit, la démolition pure et simple des chalets. Notre avocat, Maître Théodore Catry est l’avocat de cinq d’entre eux.
 
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Juridiquement, il considère que le projet de démolition des chalets est en violation avec la Loi Littoral. La préfecture se base sur le décret-plage du 26 mai 2006 et sur le fait que ce texte n’autorise que l’occupation des plages par des installations démontables ou transportables, ce qui n'est pas le cas des chalets.

Le décret plage de 2006, qui renforce la Loi littoral de 1986, impose le remplacement de ces chalets, parfois devenus des résidences secondaires miniatures, par des cabines démontables, dont la présence ne pourra excéder six mois par an.

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Depuis fin 2019, la préfecture n'a plus renouvelé leur autorisation d'occupation du domaine public maritime. Le tribunal administratif « a considéré qu'ils ne remplissaient pas une fonction écologique de refuge et d'habitat pour les espèces animales, ni ne permettaient de lutter contre l'érosion dunaire et ne présentaient pas non plus une forte valeur patrimoniale et paysagère », peut-on lire dans un communiqué.


Cependant, la Loi Littoral, qui est hiérarchiquement supérieure au décret, pose un important principe qui veut que toutes les décisions qui concernent l’occupation ou l’utilisation du sol soient prises sans porter atteinte au patrimoine naturel et culturel du littoral. Indubitablement, le site de Blériot-Plage fait partie de ce patrimoine culturel. 

Si ce n'est pas le cas, alors l'État aurait toute latitude pour démolir n'importe quel blockhaus, bunker, phare, cabane ou tout autre élément de patrimoine, au simple motif qu'il ne serait pas démontable/transportable ...

La situation est désormais critique. En effet, malgré les contentieux en cours, la démolition des chalets devrait avoir lieu à partir d'octobre prochain. 

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Le pouvoir judiciaire ne peut donc pas offrir de rempart pour ce qui se prépare. Reste encore la volonté politique. Madame la Ministre de la Culture sera-t-elle sensible à ces marqueurs forts de l’identité du territoire, ou les laissera-t-elle détruire, au mépris de la loi qui pourtant devrait l’emporter sur un simple décret ?

Nous espérons de tout cœur que le bon sens l’emportera, et nous ferons tout ce qu’il est encore possible de faire pour que ces petits témoins de la mémoire collective, ne disparaissent pas.

Lire notre précédent article sur le même sujet ICI.


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Crédits photographiques : Reynald Goubelle

Denain : la démolition de l’église du Sacré-Cœur votée par le Conseil Municipal

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À
l’heure où le Sénat produit un rapport sur l’avenir du patrimoine religieux, et que tout le monde s’agite soudainement autour de ce sujet, les élus de la ville de Denain ne semblent pas sensibles à l’avenir de leur église, puisque le 29 juin dernier, lors du Conseil Municipal, ils ont sifflé « la fin de la partie » pour l’église du Sacré-Cœur.

La nouvelle n’ayant pas fait grand bruit, nous sommes heureux qu’un membre du collectif de sauvegarde ait eu la bonne idée de nous demander un peu d’aide.

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L’édifice de 2000 m², au cœur du quartier du Nouveau Monde de Denain, date de 1906. C’est l’ancienne église d’Usinor, entreprise qui a fermé en 1978, ce qui signifie qu’elle est le témoin du passé industriel de la commune et qu’au-delà de sa valeur cultuelle et culturelle, elle fait partie des grands témoins de l’histoire locale.

L’église a vécu sa dernière célébration religieuse en décembre 2007, avant d’être fermée, désacralisée et vendue par le Diocèse en 2012, à une association la Maison de Mam’Jo.

L’association n’a hélas pas eu les capacités financières pour restaurer l’édifice, car les travaux de réhabilitation étaient estimés à l’époque à 1 million d’euros. Elle a donc dû se résigner à le vendre à la commune en 2020, ce qui à l’époque semblait être un soulagement pour les défenseurs du patrimoine qui s’inquiétait de son sort.

Au moment du rachat, il n’était absolument pas question de la démolir, bien au contraire, l’idée étant de lui offrir une seconde vie au travers d’un projet culturel.

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Hélas, deux ans plus tard, plus question du moindre projet de sauvegarde puisque c’est vers le choix de la démolition que le (sacré) cœur des élus a penché. Mais réjouissons-nous car, afin de se donner bonne conscience sans doute, la façade sera conservée. Certes, c’est moins pire que la fontaine commémorative en lieu et place de l’église Saint-Jacques d’Abbeville (80), ou la cloche et le muret témoins de la présence jadis de l’église d’Asnan (58), mais faire de l’édifice une sorte de « trophée » mémoriel nous semble une très mauvaise idée. Pourquoi ? Parce que le projet va coûter 2,3 millions d’euros d’argent public et avec cette somme, il y avait largement de quoi réaliser les restaurations d’urgence qui auraient permis de prendre le temps de réfléchir à son futur destin.

Car une autre solution s’offrait pourtant : celle de trouver un porteur de projet sérieux ayant toutes les garanties financières et l’église aurait-été sauvée. Si nous nous permettons d’émettre cette hypothèse, c’est que nous avons sauvé ainsi plusieurs édifices menacés de démolition et nous aurions été ravis de prendre en charge l’avenir de l’église du Sacré-Cœur. À défaut de trouver un repreneur, c’est au combat que nous allons aller, aux côtés de tous ceux qui sont attachés à « leur » église.

Le permis ayant été signé le 29 juin, nous avons jusqu’au 28 août pour déposer une demande de recours gracieux. Peut-être que d’ici là, Madame le Maire acceptera de revoir sa copie et se rendra compte à quel point cette démolition est un traumatisme pour la population et pour toute une communauté, bien au-delà de la ville.

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Vous avez peut-être lu notre article concernant la démolition annoncée du Château de Louvroil et vous aurez constaté comme nous, que les signatures de permis de démolir fleurissent fin juin, afin de passer (presque) inaperçus pendant la période estivale et diminuer les chances de recours.

Là encore, une pétition a été lancée par le collectif de sauvegarde local « Sacré-Cœur » et nous vous invitons à la signer ICI et à la partager.

Nous vous rappelons qu’au moment de la signature, vous n’êtes pas obligé de faire un don comme la plateforme vous invite à le faire, en revanche, tous vos partages seront les bienvenus.

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Si vous souhaitez nous aider dans cette nouvelle action, n’hésitez pas à nous envoyer par mail vos témoignages et documents qui pourraient nous être utiles pour le recours : urgences.patrimoine@gmail.com


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Crédits photographiques : photo 1 : Anne-Sophie Hourdeaux/Croix du Nord ; photos 2 et 3 : Pierre Rouanet/La Voix du Nord ; photo 4 : collection particulière

Louvroil : Aldi le nouveau sponsor des pelleteuses ?

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Rien ne va plus à Louvroil dans le département du Nord où le Maire de la commune et son Conseil Municipal ont signé le permis de démolir du Château Lixon le 24 juin dernier au profit de l’enseigne Aldi, qui souhaite implanter sur le terrain attenant un nouveau magasin.

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Dans une interview sur Canal FM, le Maire indique qu’il a absolument besoin de ce magasin à cet endroit. Que cette implantation est capitale pour la commune et qu’il n’a pas pu refuser cette opportunité.

Il se rend compte, néanmoins, que c’est un déchirement pour ses administrés de voir disparaître ce patrimoine emblématique, mais que le coût des travaux d’aménagement aurait été trop lourds à supporter pour la commune, d’autant qu’il n’y avait aucun projet précis en cas de rachat.

Il est vrai que le château appartenant à un propriétaire privé, ce dernier avait le droit de le vendre à qui bon lui semblait. D’ailleurs, ce n’est pas la parcelle du château en lui-même qui a dû séduire l’enseigne, mais les terrains attenants vendus avec, pour une superficie totale d’environ 5000 m2.

Alors pourquoi offrir l’édifice aux pelleteuses ? Tout simplement pour réaménager la rue et mettre un joli rond-point pour faciliter l’accessibilité au nouvel Aldi.

Nous étions habitués à voir raser gratis le patrimoine pour en faire des « zones végétalisées », des parkings ou des zones pavillonnaires, mais le coup du rond-point était encore un inédit pour nous, défenseurs des témoins de notre mémoire collective.

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Ne voulant pas passer encore et toujours pour des empêcheurs de tourner en rond (point), nous comprenons tout de même la position des élus, car il n’est pas toujours facile de monter des projets de valorisation d’un édifice qui risquerait de déséquilibrer les finances de la commune.

Cependant, avec un minimum de volonté et en concertation avec la population, il ne fait nul doute que le château aurait pu trouver sa place dans un beau et grand projet municipal, d’autant plus que, lors de la courte période pendant laquelle l’édifice était propriété de la commune, des travaux avaient été effectués. En autorisant la démolition, cela revient un peu à réduit en poussière des milliers d’euros d’argent public.

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Maintenant, soyons pragmatiques et analysons froidement la situation, car nous partons du principe qu’à chaque problème il y a une solution.

En fait, dans ce cas précis, nous en voyons plutôt deux, dont une qui mettrait en valeur Aldi et en ferait un pionnier en la matière :

Puisque la parcelle sur laquelle se trouve le château n’est pas celle sur laquelle va être construit le magasin, pourquoi l’enseigne s’obstine à vouloir démolir ? Pour rendre l’accès plus simple vers le parking ? Nous sommes certains qu’avec un peu d’imagination, on peut trouver un autre accès sans détruire plus de 100 ans d’histoire locale. Si le problème de l’accessibilité était résolu, alors Aldi pourrait très bien réhabiliter l’édifice et en faire ses bureaux au premier étage et pourquoi pas laisser accessible au public le bas en y faisant par exemple un lieu d’accueil pour les enfants du personnel et pourquoi pas des clients, notamment le mercredi, ou en mettre une partie à la disposition de la collectivité qui pourrait y organiser certaines manifestations culturelles.

En parlant de culture justement, même si l’enseigne ne dispose pas jusqu’alors d’espaces de ventes dédiées à la culture, pourquoi ne pas faire un « pilote » avec ce château ?

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Pourquoi ne pas s’afficher clairement comme un nouvel acteur du patrimoine des territoires, en réhabilitant un édifice lors de chaque construction d’un nouveau magasin ?

Lidl est bien partenaire du Ministère de la Culture pour les Journées Européennes du Patrimoine, alors pourquoi Aldi ne testerait pas un nouveau concept qui ferait de l’enseigne une enseigne « patrimo-responsable » ? C’est moins tendance qu’Éco-responsable, mais agir pour la sauvegarde du patrimoine des territoires, c’est agir aussi pour le bien commun. En parlant d’écologie, nous rappelons que les chantiers de démolition sont une catastrophe écologique à eux seuls.

Pourtant, Aldi se félicite d’avoir des valeurs. Voilà ce que l’on peut lire sur leur site :

«  NOS VALEURS : ALDI tout simplement. C'est notre modèle d'entreprise qui nous distingue et qui guide nos décisions. Trois valeurs clés le définissent : « simplicité, responsabilité et fiabilité ». Notre politique de responsabilité sociétale est à la base de notre gestion d'entreprise. »

« Simplicité, responsabilité, fiabilité » ? Nous trouvons sincèrement que ces valeurs ne correspondent pas au projet de Louvroil, car détruire ce patrimoine nous semble totalement irresponsable. En revanche, la simplicité est au rendez-vous, puisqu’il est bien plus simple de détruire que de réfléchir à une solution alternative qui satisferait tout le monde. Quant à la fiabilité, elle est quand même fortement entachée par ce projet.


La seconde option qui permettrait de conserver l’édifice, serait tout simplement de construire dans une autre zone. Deux sont déjà identifiées dans des zones très passantes. Monsieur le Maire aurait donc son Aldi et le château ne serait pas détruit.

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Sauf que pour cette seconde option, il faudrait que le propriétaire actuel trouve un nouvel acquéreur.

La solution idéale serait donc que la commune rachète la parcelle sur laquelle se trouve le château et qu’ensuite elle lance un appel à projet. Cette affaire aura mis Louvroil au cœur de toutes les discussions, il ne fait nul doute que des solutions apparaîtrons si cette option de rachat est retenue.

Bien évidemment, Urgences Patrimoine a répondu présente aux dizaines d’alertes reçues ces derniers jours et nous allons tout mettre en œuvre pour que le Château Lixon reste debout, à commencer par un recours gracieux, car pour une fois, l’alerte a été donnée suffisamment tôt et nous avons jusqu’au 24 août pour effectuer cette démarche, ce qui, hélas, n’était pas le cas lors de notre combat contre la démolition de la chapelle Saint-Joseph à Lille, où les délais de recours étaient dépassés depuis plus d’un an.

Cela dit, si après le recours gracieux, nous étions obligés de déposer un recours contentieux, nous le ferons sans hésiter.

Comme nous préférons toujours l’optimisme au défaitisme, nous pensons sincèrement qu’Aldi aura l’intelligence de renoncer à cette démolition, tout comme l’a fait Lidl il y a trois mois en renonçant au projet de construction d’un nouveau magasin, qui devait sacrifier de nombreux arbres, le seul moulin de la commune et une maison de maître.

Le slogan : « Le bon sens près de chez vous » est déjà pris, mais nous espérons qu’il inspirera Aldi !

En tout cas, nous remercions très sincèrement Romain Vitrand, qui a eu la bonne idée de lancer une pétition et qui ne ménage pas ses efforts pour empêcher cette démolition. Pétition que nous vous invitons à signer ICI si ce n’est pas déjà fait.

Bien évidemment, nous vous tiendrons informés de la suite des événements. En attendant, si vous souhaitez apporter vos témoignages, vos souvenirs, vos photos et nous dire pourquoi vous êtes attachés à cet édifice, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à : urgences.patrimoine@gmail.com

Tout ce qui pourra nous être utile pour le recours sera le bienvenu.

Écouter l’interview du Maire ICI.


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Crédits photographiques : photo 1 : photomontage Urgences Patrimoine ; photos 2-3-4-7 : L'Avesnois, en long, en large, en travers et vice versa ; photos 5-6 : Romain Vitrand

Abbaye Saint-Michel de Frigolet, la miraculée

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Les incendies qui ravagent notre pays ont dévasté des milliers d’hectares de forêt, des dizaines d’habitations ainsi que de nombreuses structures touristiques. Parmi les miraculées des flammes, se trouvent l’Abbaye Saint-Michel de Frigolet, dont les parties les plus anciennes datent du XIIe siècle.

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Située juste à côté de la commune de Tarascon, ce joyau du patrimoine n’est pas forcément le plus connu, mais sa perte aurait été dramatique pour le patrimoine national. Une perte également pour les chanoines prémontés qui la font vivre.

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Un peu d’histoire 

Au coeur de la Montagnette, pas loin de Boulbon et de Barbentane, se dresse l'Abbaye Saint Michel de Frigolet, qui tire son nom du mot thym, le “férigoule” en provençal, qui pousse partout sur les collines.

D'abord simple prieuré qui aurait été fondé par les moines de Montmajour, elle a grandi avec l'implantation d'un chapitre de Saint Augustin et a connu son apogée au XIIème siècle. De cette période subsiste le cœur du monastère, le cloitre, l'église Saint-Michel et la chapelle romane Notre-Dame du Bon Remède bâtie antérieurement au XIème siècle.

A partir du XVe siècle, l'abbaye fut petit à petit abandonnée. Mais en 1635 des Hiéronymites s'installent et embellissent le prieuré délaissé. Ils ajoutent une salle du Chapitre et les salles attenantes dotées de leurs magnifiques voûtes de pierre. La chapelle Notre-Dame-du-Bon-Remède est ornée de son magnifique décor baroque.

Mais la Révolution a mis fin à tout ça et les lieux deviennent des biens nationaux.

Transformée en pensionnat en 1839, l'abbaye a accueilli le jeune élève Frédéric Mistral, lui-même recevant parfois son ami Alphonse Daudet.

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Fermé deux ans plus tard, l'ancien prieuré est racheté par le Révérend Père Edmond et investi par des Prémontrés. Des pèlerins y viennent en masse et une église néogothique hautement décorée est édifiée, englobant la chapelle de Notre-Dame du Bon Remède. Une enceinte néo-médiévale est également construite – carrément fortifiée avec des tours, créneaux, courtines et mâchicoulis !

Le 6 juin 1869, le Pape Pie IX élève le prieuré de Frigolet au rang d’Abbaye. Malgré quelques aléas de la fortune qui les ont vu partir plusieurs fois, les Prémontrés ont réussi à regagner l'abbaye au XXe siècle et y résident depuis.

Aujourd'hui, en outre des visites, l'abbaye accueille pour des séjours de 8 jours maximum les gens désireux de retrouver le silence et la paix lors d'une retraite.

On ne peut pas parler de l'Abbaye de Frigolet sans parler de « l'élixir du révérend Père Gaucher » ou la liqueur Frigolet d'un beau vert doré, fabriquée avec les fines herbes de la montagnette.

Daudet, dans ses Lettres de mon moulin, s'est inspiré d'un moine de l'abbaye, un génie de l'alambic, le frère Calixte Gastinel.

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La véritable histoire de cette liqueur diffère un peu de celle de Daudet. Oui, le Frère Gastinel distillait dans l'abbaye la liqueur, commercialisée sous le nom de Norbertine, du nom du fondateur de l'ordre, Père Norbert. Mais ce n'est que vers la fin du 19e siècle qu'une distillerie à Châteaurenard acquit la licence pour la fabriquer et adopte le nom donné par Daudet. Aujourd'hui, cette distillerie existe toujours. (cf : Site internet Avignon et Provence )


À noter qu’en 1632 Anne d’Autriche est venue ici afin de « demander un fils » et qu’en remerciement pour avoir été exaucée elle a doté l’édifice de riches boiseries.

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Au-delà de la valeur cultuelle et spirituelle, c’est une page de l’histoire de France qui aurait pu disparaître dans les flammes.

Mais grâce au courage et même à l’héroïsme des pompiers, Frigolet a été sauvée et l’on peut, quand on voit la photo après que le feu ait été maitrisé, réellement parler de miracle.

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Sans vouloir « casser l’ambiance », après cette sauvegarde miraculeuse, quelque chose nous interpelle.

En effet, une grande campagne de restauration est en cours et un appel aux dons a été lancé en 2021. Il ne fait nul doute que si l’Abbaye avait été fortement endommagée par l’incendie, alors les dons auraient afflué du monde entier. Faut-il à chaque fois attendre qu’un édifice brûle pour faire acte de générosité ?

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Nous espérons sincèrement que cette sauvegarde miraculeuse éveillera certaines consciences, ne serait-ce que celle du Ministère de la Culture qui grâce à la réactivité de nos soldats du feu, n’aura pas gérer un nouveau dossier « Notre Dame » et saura faire preuve de générosité pour cette restauration, tout comme nos grandes fortunes françaises qui ont su se montrer généreux après le drame du 15 avril 2019.

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Hélas, Saint-Michel n'est pas à Paris, et donc elle n’intéresse personne…

Même si Urgences Patrimoine est totalement étrangère à cette campagne de financement, nous avons avec cette Abbaye des liens très forts.

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Alors pour ceux qui se réjouiraient de ce miracle, voici le lien pour faire un don.

En attendant, nous n’aurons jamais de mots assez forts pour exprimer notre reconnaissance à ceux qui, au péril de leurs vies, on sauvé cette abbaye.

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Crédits photographiques : photos 1-2-3-4-5-6-8-9-10 : Urgences Patrimoine ; photo 7 : Pompiers 13