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Edito
Mai 2020


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Alexandra Sobczak-Romanski
Directrice de la publication

«  En mai, fais ce qu’il te plaît », ça c’est en théorie, car cette année en pratique, on ne pourra pas faire grand-chose, à part dresser un constat des plus anxiogènes pour la suite. Mais la suite de quoi ? Alors que tous les yeux sont rivés sur les résultats quotidiens du nombre de personnes touchées par le Covid-19, toutes les autres causes paraissent bien futiles.

Pourtant, il faut penser « demain », mais quand on défend « hier », c’est un peu compliqué.

Cependant, faire le choix de défendre ce pourquoi on s’est engagé, c’est rester vivant.

Alors vivons ! Vivons avec nos pierres, avec nos artisans, nos savoir-faire et nos territoires d’exception. Vivons pour les faire vivre et leur donner l’oxygène dont ils manquent cruellement depuis le début de cette crise sans précédent. C’est cette passion qui nous anime qui pourra « reconstruire » demain. Dans cette
Gazette du Patrimoine de mai, vous verrez que la passion anime bien plus de personnes qu’on ne le croit.

« Je préfère crever de passion que d’ennui » disait un jour Van Gogh, et nous les passionnés, nous ne nous ennuyons jamais. Inquiets ? Oui, nous le sommes, mais nous savons que la flamme qui brûle en nous ne s’éteindra jamais, malgré toutes les difficultés que nous pourrons rencontrer.


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Inconscients ? Peut-être, mais il faut garder cette part de folie qui rend la vie bien plus légère.

Unis ? Là, hélas rien n’est moins sûr. Nous remarquons que l’individualisme est souvent un dommage collatéral des situations de crises, car chacun pense à « sauver » sa peau.

Et si justement pour une fois nous nous unissions ? « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », c’est bien connu. Et si c’était le moment ? Le moment d’agir ensemble pour la cause du patrimoine et lui donner ainsi la place qu’elle mérite, qu’elle mérite vraiment ?

Je ne me permettrai jamais de jouer les « objecteurs de conscience », mais en tout cas, dans les prochaines semaines, notre mission sera de rassembler ce qui est épars. J’ai l’intime certitude que certains nous suivront et que d’autres pas.

Mais peu importe, l’essentiel étant de faire toujours de son mieux, même si faire de son mieux n’est jamais suffisant. En attendant le « mieux » de juin, nous remercions nos 47480 lecteurs de La Gazette de Patrimoine d’avril.

Edito
Avril 2020


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Alexandra Sobczak-Romanski
Directrice de la publication

« Le combat continue »

La période que nous vivons est inédite. Personne ne pouvait anticiper ce qui se passe aujourd’hui. Nous adressons en premier lieu nos plus chaleureux remerciements à tous ceux qui luttent chaque jour pour nos vies, et nous leur témoignons notre admiration.

Bien entendu, au début du confinement, s’est posée la question « stop ou encore ? » Car continuer à lutter contre les démolisseurs à l’heure où certains luttent pour nos vies, est-ce bien raisonnable ? Après une semaine d’hésitations, nous avons pris la décision de continuer nos actions et nos combats ainsi que de continuer à diffuser nos informations à travers La Gazette du Patrimoine.

Cette décision n’a pas été du goût de tout le monde, et nous avons essuyé de nombreuses critiques, parfois très virulentes. Mais les polémiques commencent à s’estomper, car chacun prend conscience, qu’après aujourd’hui, il y aura demain et ce qui nous rend vivant, c’est la perspective de l’avenir.

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L’avenir qui est bien sombre pour le patrimoine et ses acteurs. Car ce secteur est l’un des plus touchés. Combien d’artisans se retrouvent aujourd’hui privé d’activité, combien de propriétaires d’édifices sont privés de revenus et sont contraints d’annuler les précieuses manifestations qui constituaient leurs seuls revenus et combien de lieux culturels vont souffrir de l’absence de public ?

Quant aux associations comme la nôtre, elles sont mises en « coma artificiel », car bien entendu, plus question de recevoir la moindre adhésion, le moindre don et les sponsors ne s’affichent plus.

Pourtant c’est toujours avec le même plaisir que nous vous présentons aujourd’hui ce quatrième numéro de notre
Gazette du Patrimoine. Et c'est toujours avec le même enthousiasme que nous vous faisons partager des lieux, des expériences et des talents.

Et même si personne n’a vraiment le cœur à la fête, je reste persuadée que la cause du patrimoine peut permettre d’oublier un peu notre confinement. Continuer à lutter contre le déni de patrimoine est aussi un bon moyen de continuer à vivre, alors vivons !



Edito
Mars 2020


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Alexandra Sobczak-Romanski
Directrice de la publication

41, 238 lecteurs ! 41, 238 petites pierres à notre édifice !

La Gazette du Patrimoine est née il y a deux mois, un peu sur un coup de tête, sans tambour ni trompette, et sans autre prétention que celle d’être un organe de diffusion d’informations au service d’une cause qu’Urgences Patrimoine sert depuis bientôt six ans. Si le premier opus a modestement réuni un peu plus de 12, 000 lecteurs, celui de février a permis de renforcer nos fondations puisque La gazette du Patrimoine aura réuni 41, 238 lecteurs le mois dernier.

Alors, certes ce n’est pas encore une cathédrale, mais c’est plutôt une version moderne de l’Arche de Noé. J’aime assez cette petite phrase de Morgan Freeman :

« Si quelqu’un vous traite d’amateur, rappelez-lui que ce sont des amateurs qui ont fait l’Arche de Noé, et des professionnels le Titanic. La suite, on la connaît tous. Croyez en vous ! »

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Si grâce à notre travail nous pouvons, à la fois sensibiliser le plus grand nombre à la cause du patrimoine et, au passage, sauver quelques témoins de notre mémoire collective, alors nous aurons réussi notre mission.

Mais au fait, pourquoi vouloir sauver le passé quand l’avenir est incertain ? Nous publions notre troisième
Gazette du Patrimoine au moment où le pays est contraint de cesser toute activité ou presque. Notre inquiétude première étant de survivre, qu’avons-nous à faire de quelques pierres centenaires qui vont disparaître ?

Qu’importe de savoir que des amoureux du patrimoine font revivre des châteaux millénaires, ou qu’il faut deux ans de travail à un orfèvre pour réaliser une pièce d’exception ? Quel est l’intérêt de savoir si nos élus se préoccupent du patrimoine ou non ? Pourquoi sauver un savoir-faire vieux de plus de 300 ans et menacé de disparition ?

Ces questions se posent légitimement puisque, à l’heure qu’il est, la mobilisation citoyenne se fait essentiellement au rayon papier toilette des grandes surfaces.

Ce monde est bien étrange. Et si c’était le moment justement de se (re)plonger dans le bain de la culture qui est le nôtre, puisqu’on nous prive de celui des foules. Et si cette triste période qui nous « invite » à nous confiner et à nous « désociabiliser » était propice à un retour à l’essentiel ? Nous ne pouvons plus « consommer » la culture ? Les musées sont fermés, les concerts annulés ? Et si nous en profitions pour explorer à travers internet (notre dernière fenêtre ouverte sur le monde extérieur) les univers que nous connaissons peu et les lieux qui nous sont inconnus, afin de nous donner l’envie de nous y précipiter dès que le voile de l’inquiétude sera levé ?

Et surtout, il importe de regarder les choses autrement. Plus en surface, mais en profondeur. Ne plus se dire en voyant un objet fabriqué par un artisan : « c’est cher ». Mais plutôt se dire : « quel talent et quel travail ! Cela mérite que je fasse un effort en payant le vrai prix ». Ne plus se dire en visitant un lieu chargé d’histoire : « c’est beau, mais je refuse de payer 5 euros pour y rentrer, car j’estime que ça doit être gratuit ». Mais plutôt : « Même si c’est gratuit, je devrais donner quelque chose, car l’entretien et la restauration doivent coûter très cher. » Penser ainsi, c’est permettre aux artisans de travailler.

Bref, devenir culturo-responsable, ça se travaille et c’est peut-être le bon moment pour réfléchir à certaines de nos habitudes et ainsi les changer dès que nous pourrons retrouver une vie normale. En attendant, lire
La Gazette du Patrimoine ne peut pas nuire à votre santé et le seul virus qu’elle est en mesure de vous transmettre est celui du patrimoine.

Edito
Février 2020


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Alexandra Sobczak-Romanski
Directrice de la publication.

Croquer la vie, manger quelque chose des yeux, dévorer un livre, digérer une nouvelle. Autant de termes qui font référence au goût des choses.

Alors le patrimoine peut-il faire partie de ces mets qui remplissent à la fois nos yeux et notre estomac ? Pour nos yeux, cela ne fait nul doute. D’ailleurs, ne sommes-nous pas devenus des hyper-consommateurs de patrimoine ?

Ceux-là même qui engloutissent sans jamais se poser la question de : comment un édifice tient encore debout, ou quels sont les sacrifices que son propriétaire a dû faire pour le maintenir en vie.

Le tourisme de masse et ses touristes gloutons ne sont-ils pas responsables de certaines dérives patrimoniales, qui conduisent les édifices à leur perte ?

Quoi qu’il en soit, soyons gourmands, et gourmets, mais pas goinfres, car dans chaque excès il existe quelque chose de mauvais et de contrefait.

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En revanche ce mois-ci, régalez-vous avec notre nouvelle rubrique « Secrets de chef », une rubrique goûteuse, qui rend hommage à notre grande et belle gastronomie française, à l’heure où les burgers ou autres kebabs sont aussi néfastes à notre santé que peuvent l’être les maisons sans toit ou les bâtiments sans âme qui fleurissent partout dans l’indifférence générale.

Mangez bien, mangez bio, mais surtout mangez vrai et vivez vrai.

Platon en son temps écrivait : « le beau, c’est la splendeur du vrai ». Personne n’a depuis pu dire mieux.

Edito
Janvier 2020


Nouvelle année, nouveau magazine dédié au patrimoine et à ses acteurs. À travers nos articles nous souhaitons vous faire découvrir ou redécouvrir des lieux, des talents, des savoir-faire, faisant partie intégrante de notre Histoire collective, de sa sauvegarde et surtout de sa transmission, car un patrimoine sans projection dans l’avenir est un patrimoine condamné. Nous donnons également la parole aux femmes et aux hommes de terrain qui s’engagent au quotidien pour cette cause.

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Nous souhaitons également vous emmener à la découverte de la « face cachée » du patrimoine. L’on nous fait croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, du moins dans celui du patrimoine, car nous avons désormais un Loto en faveur de la restauration d’une poignée d’édifices, or nous assistons à une vague de démolitions sans précédent sur l’ensemble du territoire. En particulier, du patrimoine du XIXe siècle, sans doute le siècle le plus maudit dans l’architecture.

2019 fut une année particulière, car l’incendie de Notre-Dame de Paris a meurtri les cœurs et les esprits, bien au-delà de nos frontières. Mais Notre-Dame est devenue Notre drame, car les dons et les attentions se sont focalisés sur elle, faisant oublier souvent qu’ailleur des « petites Notre-Dame » attendent un regard ou un geste bienveillant permettant de leur faire espérer un avenir, autre que celui de l’abandon voire de la démolition.

« Là où il existe une volonté, il existe un chemin » et c’est sur ce chemin que nous aimerions vous conduire. Celui de la vérité et non celui des faux-semblants.


Mais comme nous considérons que notre patrimoine n’est pas une cause triste pour autant, nous souhaitons apporter à travers nos différents sujets un souffle de légèreté là où le patrimoine business assombrit cette cause.

« Servir le patrimoine et non s’en servir », voilà une belle devise !

Patrimonialement vôtre.

Alexandra Sobczak-Romanski
Directrice de la publication.