Classé mais condamné ?

Il y a quelques mois, Urgences Patrimoine avait déjà relayé l’information, mais hélas la situation ne s’est pas améliorée. Le Saint-Yves, l’un des derniers bateaux lavoirs du territoire, se trouve toujours dans un état d’abandon manifeste et son avenir est de plus en plus compromis.


Classé au titre des monuments historiques depuis 1993, ni la ville de Laval qui en est la propriétaire, ni la DRAC, ne semblent se soucier du Saint-Yves. Le collectif de sauvegarde a pourtant à plusieurs reprises pris attache auprès des services de la culture et du patrimoine de la commune, mais malgré la promesse d’une étude pour une éventuelle restauration, aucune action n’a été engagée.

Nous savons tous qu’en période préélectorale il ne se passe pas grand-chose et nous en avons encore la preuve aujourd’hui. Pourtant, certains élus commencent à placer le patrimoine au cœur de leurs sujets de campagne, mais pas ici. Afin de sauver un édifice, il nous est arrivé de demander une mise sous protection d’urgence, mais dans ce cas précis, le Saint-Yves étant classé, il bénéficie déjà du niveau le plus important de protection au titre des monuments historiques, donc, il est difficile d’intenter quoi que ce soit à ce niveau. Nous allons cependant alerter le Préfet.


La ville a pourtant un certain attachement pour son patrimoine puisqu’elle lance les travaux de réhabilitation de l’ancien Crédit Foncier. Ce bâtiment des années 30, mais lui, non classé va retrouver une seconde vie en devenant un conservatoire départemental. Un beau projet, pour un budget de 27 millions d’euros, financé par l’État, la Région, le Département et la ville. Ne resterait-il pas quelques milliers d’euros pour restaurer le Saint-Yves, qui se dégrade un peu plus chaque jour, abandonné sur un terrain vague ?

La question qui pourrait être également posée est : Pourquoi ne pas le vendre, si la ville n’a pas de budget pour sa restauration ? Car plutôt que de le voir disparaître à tout jamais, faute de pouvoir le restaurer, il est évident qu’un nouveau propriétaire pourrait le faire revivre et lui offrir un avenir.

Nous espérons avoir quelques réponses dans les prochaines semaines, en étant conscients du fait qu’il faut désormais attendre l’échéance électorale. Mais combien de temps pourra encore attendre le Saint-Yves ? Certainement pas les prochaines élections municipales dans six ans.


Vous pouvez soutenir le collectif de sauvegarde en signant
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Crédits photographiques : Stéphane Bourderiou