Le petit Raymond devrait reposer en paix sur les terres qui l’ont vu naître en 1878



Suite à un alerte qu’Urgences Patrimoine avait reçu concernant la démolition probable de la tombe du petit Raymond de Bellissen de Bénac, mort à l’âge de 10 mois, et enterré dans ce qui était alors la propriété du Baron de Bellissen de Bénac, nous avons remué ciel et terre pour essayer de trouver une fin heureuse à cette affaire.

Comme nous l’expliquions dans l’article du 31 janvier 2019, le château du baron a été rasé dans les années 80 et c’est l’Hôtel du Département qui occupe l’emplacement aujourd’hui, ce qui signifie que cette tombe se situe sur une parcelle qui est la propriété du Conseil Départemental.

Suite à notre article, puis à un appel sur les réseaux sociaux, la mobilisation citoyenne a été inespérée et nous a permis de faire avancer rapidement les choses. Un de nos contacts nous a mis en relation avec le député de la circonscription, M. Michel Larive, qui nous a immédiatement communiqué les coordonnées de Mme Christine Téqui, Présidente du Conseil Départemental de l’Ariège — ce qui nous a permis de lui présenter rapidement l’affaire qui nous occupait. Quelques heures plus tard, nous avons eu un contact avec M. Thomas Cantin, Directeur des bâtiments et de la logistique du Conseil Départemental, qui nous a assuré que la démolition de la tombe de Raymond n’était pas programmée.


Nous remercions infiniment l’ensemble des élus pour leur collaboration et leur réactivité. Pour nous, défenseurs du patrimoine, il est agréable de constater que certains d’entre-eux sont sensibles à notre cause. Ce fut le cas en Ariège.

Nous remercions également tous les artisans qui ont proposé d’intervenir dans le cadre du mécénat de compétences pour restaurer l’édifice, qui a beaucoup souffert depuis 2014, dates à laquelle avaient été prises les photos qui nous avaient été communiquées. Merci enfin à tous les internautes qui nous ont aidé grâce notamment à leurs partages de publications et à leurs propositions de nous venir en aide lors du futur chantier. Il va y avoir un vrai travail de restauration si nous voulons remettre cette tombe dans son état d’origine, mais le petit Raymond le vaut bien.


Mais avant d’envisager le chantier de restauration, il va falloir passer par la « case administration », car même si ce chantier se fait dans le cadre du mécénat de compétences et, donc, ne demande aucun argent public, une commission doit se réunir pour donner son accord. Nous ne doutons pas que cet accord nous sera donné, car il s’agit tout de même de la tombe du bébé d’un homme qui, jadis, fit beaucoup pour la ville de Foix, ville qui s’est notamment opposée au projet de démolition du château des Comtes de Foix et qui a ainsi permis à la ville de conserver un de ses trésors architecturaux. Cela vaut bien la restauration de la tombe de son enfant.

Et puis savoir respecter les morts est un premier pas vers le respect des vivants…

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant des suites données à ce dossier, mais à priori, Raymond pourra reposer en paix.



Crédits photographiques :
Photos 1 et 4 : Olivier Munin
Photos 2 et 3 : Jules Allais

Pas de repos éternel pour Raymond ?


C’est en 1876 que Cyprien-Emmanuel-Marie de Bellissen, baron de Bénac ( 1840- 1925 ), diplomate et homme politique français, fit ériger à Foix pour son épouse, un château de style néogothique. Ils vécurent au château jusqu’à leur décès.



En 1943 un violent incendie ravage la toiture. La ville acquiert l’édifice, mais le laisse de nombreuses années se dégrader davantage. À l’état de ruines, il sera détruit dans les années 80 pour laisser place à l’Hôtel du Département.

C’est pourtant le Baron de Bellissen de Bénac qui, lorsqu’il était en fonction avait sauvé de la démolition le célèbre château des Comtes de Foix. L’histoire ne lui en sera pas reconnaissante.



Si le Château a été rasé, sur les terres qui l’entourent, il existe toujours un fragile témoin de la présence des Bellissen de Bénac. La tombe de leur nourrisson, Raymond Gustave Aurélien de Bellissen-Bénac, décédé à l’âge de dix mois en 1879.


Cette tombe n’est visiblement pas entretenue et très fragilisée. D’autant plus fragilisée que selon nos sources, le muret sur lequel elle s’appuyait vient de s’effondrer. Plutôt que de procéder à la consolidation du muret et à la restauration de la tombe, le Conseil Départemental envisagerait la destruction pure et simple de l’édifice.

Nous précisons que malgré son état et l’effondrement du muret, il n’y a aucun risque pour la sécurité publique, car rares sont ceux qui connaissent ce lieu perdu dans le parc.

Alors même si ce lieu est inconnu, il nous semblerait opportun que le Conseil Départemental procède à la restauration de ce lieu de mémoire au lieu de détruire. Il est ce qu’il reste de l’âme du château des Bellissen de Bénac et de ce nourrisson qui repose ici depuis cent quarante ans.

Crédits photographiques : Olivier Munin