June 2020

Château de Westhove : un premier pas vers l’avenir ?



Cela fait maintenant deux ans qu’Urgences Patrimoine avait été appelée en renfort par André Bideaux, le président de l’association « Élan du Château de Westhove ». Après une pétition qui a connu ce que l’on peut appeler un « succès d’estime », les choses ont stagné pendant de longs mois sans la moindre lueur d’espoir, car le maire refusait toujours de donner une chance à ce patrimoine emblématique de sa commune, à cause d’un montant jugé trop élevé du montant des travaux de restauration.

Il faut rappeler que l’édifice a été laissé à l’abandon depuis 2014, malgré sa mise sous protection par la DRAC en 2011 et que son état est plus que préoccupant.



Suite à la lecture d’un article de
La Voix du Nord en mars 2020 qui indiquait que la maire n’envisageait pas la restauration du château lors de son nouveau mandat, nous avons relancé la « machine », « armé » de notre Gazette du Patrimoine.

Notre premier article a fait grand bruit et un internaute l’a relayé à Stéphane Bern qui s’est empressé de prendre contact avec nous, suivie de la déléguée régionale Hauts-de-France de la Fondation du Crédit Agricole, Viviane Olivo, prête à étudier de près une demande d’aide financière.

Stéphane Bern s’est montré très à l’écoute et, après quelques échanges, a contacté Monsieur Ben Amor, Le maire de Blendecques pour essayer de l’orienter vers un projet de réhabilitation. Hélas, ce dernier n’a pas cru bon de lui répondre, pensant que ce n’était pas le « vrai » Stéphane Bern qui l’avait contacté. Il aura fallu un article dans
L’Indépendant du Pas-de-Calais pour que l’édile comprenne que Monsieur Bern été prêt à s’engager pour Westhove, avec le soutien du siège de la Fondation du Patrimoine.


À notre demande, suite à l’arrivée de ces nouveaux « acteurs » dans ce dossier , nous avons conseillé au président de l’Élan du Château de Westhove, de rencontrer une nouvelle fois le maire. À l’issue de ce rendez-vous, lors duquel Monsieur Ben Amor s’est montré conciliant et attentif, nous pouvons enfin entrevoir un espoir de renaissance pour ce patrimoine en souffrance.

Seulement, il y a une condition : que Stéphane Bern vienne en personne à Blendecques pour lancer officiellement le projet de restauration.

Nous avons donc averti Stéphane Bern, qui s’est montré un peu surpris par cette requête, puisque le maire n’avait pas trouvé bon de répondre à sa première sollicitation, mais il a tout de même accepté de « relever le défi », si cela doit permettre au château de sortir enfin de sa torpeur.

Il viendra donc à Blendecques, dès que son emploi du temps le lui permettra.


Bien entendu, nous continuerons à soutenir ce projet de sauvegarde au côté de l’association locale, notamment pour mobiliser d’autres acteurs pouvant apporter un soutien financier au projet. Comme quoi il ne faut jamais abandonner, malgré les difficultés et les moments de doute. Nous espérons que notre prochain article sur ce sujet aura pour titre « Westhove à l’aube de sa renaissance ».


Nous profitons de cet article pour remercier Monsieur Stéphane Bern pour son implication, Madame Viviane Olivo pour sa proposition de soutien de la Fondation du Crédit Agricole Hauts-de-France, Monsieur Ben Amor, Maire de Blendecques, pour avoir accepté d’envisager enfin l’avenir de ce patrimoine et bien entendu merci à Monsieur André Bideaux, président de l’association de sauvegarde locale, qui n’a jamais abandonné l’espoir de voir renaître le château. Merci également, aux femmes et aux hommes de « l’ombre » qui nous permettent de faire avancer les choses…

À suivre…

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Photo 1-4-5-6 :
La Gazette du Patrimoine
Photo 2 : Élan du Château de Westhove







Sombre avenir pour « La belle Viennoise » ?


C’est au cœur de l’ensemble urbain historique de Malo-les-Bains que se situe une villa pas comme les autres. En effet, son architecture est inspirée des villas viennoises du début du XXe siècle, ce qui fait d’elle un patrimoine remarquable par son originalité et sa singularité.


D’ailleurs, elle fait partie du patrimoine clairement affiché comme « remarquable » par la Communauté Urbaine de Dunkerque l’a référencé comme faisant partie des 180 villas présentant un intérêt incontestable pour la ville et qu’il faut préserver. Sur la fiche qui lui est dédiée on peut lire : « Patrimoine exceptionnel, nombreux détails de grande qualité à préserver (portes, ferronneries, bas-reliefs, pilastres en pierre sculptée). Grand jardin clos. »

Sauf que cette villa a fait partie d’un lot acheté par un promoteur pour construire des logements sur le terrain attenant, mais il s’était engagé à la préserver.

Or, après quelques timides débuts de travaux, plus rien ne se passe et, désormais, l’état d’abandon de la villa ne fait plus aucun doute. Ce qui ne fait plus aucun doute également, ce sont également les dégradations dont elle a déjà été victime.



Dans l’article source du Journal La Voix du Nord, le promoteur immobilier Beci, qui en est le propriétaire, informe que le projet de construction de logements est abandonné, mais il ne donne pas plus de détails sur les raisons de cette décision. Aucun détail non plus sur le sort qu’il réserve à ce patrimoine remarquable.

Nous espérons que le mur qui a été détruit en prévision des travaux sera reconstruit, afin de permettre peut-être, de proposer à nouveau à la vente cette magnifique demeure et qu’elle aura la chance de trouver un acquéreur respectueux du patrimoine et de la mémoire des lieux. Un acquéreur qui saura lui rendre sa superbe et lui offrir un avenir digne d’elle.


En attendant, souhaitons que la Communauté Urbaine garde un œil sur cette villa. Peut-être que la Direction Générale des Affaires Culturelles pourrait également intervenir en instruisant une mesure de protection, ce qui obligerait alors le propriétaire à faire l’entretien nécessaire pour assurer au moins la mise en sécurité de la « belle Viennoise ».

Encore une fois, nous voyons ici la limite des « appellations » et des labels qui sont d’une inutilité confondante dès qu’un litige apparaît.

Lire notre article sur ce sujet ICI.

À suivre…

Lire l’article de La Voix du Nord ICI.

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Crédits photographiques : Jérémy Allebée

Sale temps pour les statues


C’est le mardi 23 juin au matin, que la statue de la Vierge de Sumène, dans le département du Gard, a été retrouvée vandalisée. La statue a été érigée là en 1950, entre la Départementale 999 qui mène au Vigan et la Départementale 986 qui monte vers l’Aigoual, non loin du pont d’Hérault. Le symbole religieux représente « un guide » pour les voyageurs et veut les préserver des routes dangereuses. 


Ce sont des passants qui ont découvert la statue en morceaux, sa tête gisant près de son socle. Non loin de là, une grosse pierre a été retrouvée et c’est elle qui aurait pu servir à commettre cet acte de vandalisme.

Bien entendu, le Maire de la commune a déposé plainte et une enquête est en cours, mais on connaît déjà l’issue… À moins que par miracle l’auteur des faits se dénonce, mais nous savons que les miracles ont lieux à Lourdes, pas à Sumène.


Un vent de folie souffle sur notre pays et bien au-delà et nos statues ont bien du souci à se faire. Entre les « barbouilleurs » qui recouvrent les œuvres de peinture et les casseurs qui les détruisent, on peut s’inquiéter quant à l’avenir de ce patrimoine.

Certes, cette statue n’était pas « ancienne », mais les auteurs de ce genre d’acte ne font aucune différence. Ils s’attaquent aux symboles et non à la valeur « patrimoniale ».

Il est vrai que de voir des images de statues vandalisées dans le monde entier, cela peut donner des idées à des décérébrés qui ne savent pas quoi faire de leurs journées.

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Crédits photographiques : mairie de Saint-André-de-Majencoules

A Rouen, la statue de Napoléon fait de la résistance !



Le 24 Juin 2020 est le jour où Napoléon, plus exactement sa statue équestre située place du Général de Gaulle à Rouen, a résisté à l’opération de démontage visant à protéger quiconque passerait à proximité. En effet, la statue de bronze représentait une menace du fait d’une dégradation se situant au niveau de la patte arrière droite du destrier. Une fissure de 20 centimètres de long sur 1 centimètre de large fragilisait dangereusement l’ensemble de l’édifice.


Dès 9 heures du matin, l’opération se déroulait à la perfection. Il est alors décidé de détacher la tête du buste de l’Empereur. Des sangles maintiennent la tête en place pendant que deux hommes s’activent autour du cou. Tout est fait pour protéger la statue de bronze, bronze qui serait issu d’une partie des canons des ennemis que Napoléon et son armée déjouèrent à Austerlitz.

Mais Napoléon résiste à l’idée de “perdre la tête”. Au bout d’une heure et demi d’un travail acharné, la tête reste obstinément en place. Il est donc décidé d’opter pour une autre tactique : soulever la statue d’une seul et même bloc.

Les sangles se multiplient sous un soleil de plomb jusqu’aux alentours de 10h30 où la première tentative de soulèvement a lieu. Les moteurs de la grue se mettent à ronronner, les journalistes présents préparent leurs appareils, … mais la statue ne bronche pas ! Au mieux, elle tangue légèrement de droite à gauche. Napoléon semble frissonner, ou rire ! Car il a décidé qu’il ne quitterait pas son socle.


La nouvelle tombe : l’horaire annoncé (9h-12h) ne sera pas tenu. Il faut à l’entreprise quelques heures supplémentaires pour qu’ils puissent desceller l’Empereur des Français. Rendez-vous est donné à 15 heures. Malheureusement, rien ne se passe comme prévu. Une nouvelle tentative a lieu et cette fois-ci, la statue de bronze ne bronche pas. Les journalistes s'interrogent et se regroupent pour savoir si Napoléon quittera Rouen aujourd’hui même.


Le verdict est là : Napoléon a déjoué les intentions des français qui souhaitaient le déplacer, quand bien même l’objectif était une restauration de cette œuvre du sculpteur Dubray et du fondeur Thiébaut. Une rumeur circule, et pas des moindres, puisqu’il semblerait que les difficultés rencontrées pour le désassemblage viendraient notamment du fait que les plans de la statue seraient manquants. Obstacle majeur qui force l’entreprise à abandonner.


Le bilan de cette journée est amer : il faudra revenir pour déloger la statue. Mais nul ne sait à quand cette opération pourra être reportée. Une semaine ? Un mois ? Plus ? Il s’agit d’une affaire à suivre, d’un duel que Napoléon a bel et bien remporté aujourd’hui. Napoléon, qui dans ce demi-sourire qu’offre la statue, semble vouloir dire “Battons-nous donc ! Mes amis, voilà le soleil d’Austerlitz !”

Au moment où nous publions cet article, nous venons d’apprendre qu’une nouvelle tentative de dépose pourrait avoir lieu le jeudi 2 juillet, en attendant, une analyse approfondie du socle de plomb va être réalisée.



Mélaine Lhomme
Pour
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Crédits photographiques : Mélaine Lhomme

Perpignan : adieu couvent !


Nous nous faisons le relais de L’ASPAHR (Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique et historique roussillonnais) qui dénonce les démolitions en cours de l’ancien couvent des Dames de Saint-Sauveur à Perpignan.



Communiqué :

Depuis le début des opérations qui ont concerné la zone de l’ancien couvent des Dames de Saint-Sauveur pour la construction de bâtiments universitaires, nous avons condamné les interventions qui détruisaient ou qui ne respectaient pas les vestiges du couvent. Ceux-ci sont faciles à connaître, car un plan détaillé existe du couvent en 1790, où l’on voit tous les espaces avec leur fonction.


Il est normal de penser que pour réutiliser un ensemble comme celui-là pour un usage nouveau, une stratégie d’ensemble devait d’une part respecter au maximum les structures anciennes — sinon, pourquoi s’installer là et ne pas aller construire ailleurs, dans un terrain vierge ? — ensuite rechercher les adaptations et évolutions qui pouvaient respecter le passé tout en donnant une nouvelle utilisation harmonieuse des lieux. Le plan de Sauvegarde approuvé en 2007 allait dans ce sens. C’était parfaitement possible et l’ASPAHR se prend à rêver à la belle université qu’on aurait pu avoir à Saint-Sauveur, avec un peu de soin, de sensibilité et de talent.


Au lieu de cela, la municipalité a choisi la brutalité, l’amnésie et la destruction.

L’ancienne église a été défoncée pour créer un nouvel étage au sous-sol. Les dépendances anciennes sur le flanc de l’église, très visibles sur le plan de 1790, ont été démolies pour soi-disant dégager une façade qui n’en était pas une, dont on a changé les proportions et où l’on a créé de fausses fenêtres gothiques qui n’avaient jamais existé. Dans l’ancienne église, vendue à la Révolution, on a en plus détruit l’ancienne Loge maçonnique créée au XIXe siècle et ses décors et démoli l’escalier en pierre qui la desservait.

La plupart de ces éléments étaient protégés —catégories 5 et 5bis— par le PSMV en vigueur.

Mais tout le monde était d’accord : la ville qui se fichait bien de l’intérêt historique de cet ancien couvent, son architecte qui n’a aucune sensibilité ni compétence pour le patrimoine, l’Architecte des Bâtiments de France qui ne craignait pas de donner des avis favorables contraires au plan qu’il était chargé d’appliquer, le Préfet, la DRAC, qui n’avaient aucune envie de déplaire au Maire, fut-ce au prix du respect de la loi. A quoi donc sert un Secteur Sauvegardé ?


Même non respecté, le Secteur Sauvegardé était encore trop gênant pour les projets municipaux et lors de sa révision, partielle, partiale et mal ficelée, la municipalité a encore demandé que soient levées les protections qui couvraient les immeubles de l’angle de la rue Emile-Zola et de la rue de la côte Saint-Sauveur, ceux-là même qu’on démolit en ce moment. Obligatoirement consultée, la Commission nationale de l’Architecture et du Patrimoine s’est prononcée contre cette demande.

Que croyez-vous qu’il arriva ? La révision approuvée par le préfet permet ce que l’on est en train de faire, tout le monde, mairie, architecte, ABF, Préfet, DRAC continue d’être d’accord.


Alors voilà : on peut dire que dans ce consensus, l’ancien couvent du Saint-Sauveur a disparu du paysage perpignanais. A sa place nous aurons bientôt un assemblage hétéroclite de bâtiments brutaux et déplacés, construits là comme n’importe où.

L’ASPAHR, quant à elle, pense que le patrimoine est à conserver pour donner du sens et de la richesse à la ville. Il doit être mis en valeur et, certainement, réutilisé et adapté, transformé si besoin. Mais pas nié, altéré, détruit, rayé de la carte comme cette opération l’a fait et continue de le faire.



Encore une fois, le patrimoine de nos territoires est mutilé, méprisé.

Il est inutile de que les hautes sphères de l’État publient des rapports sur l’importance du petit patrimoine si les élus n’ont de cesse que de le voir disparaître. Nous assistons une fois de plus à un bel exemple d’acte de mépris pour l’histoire et pour la mémoire collective.

Suivre les actions de L’ASPAHR :
https://aspahr.ouvaton.org

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Crédits photographiques : ASPAHR



Trafic d’antiquités démantelé, le directeur de la Maison de Ventes « Pierre Bergé et associés » interpellé : l’art de la honte ou la honte de l’art ?


C’est en 2018 que l’OCBC (l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels) avait ouvert une enquête sur un trafic d’antiquités provenant de pays du  Proche et Moyen-Orient, dans des pays à la politique souvent instable comme l’Égypte, la Lybie, le Yémen, ou encore la Syrie.


C’est la maison de ventes Pierre Bergé qui était chargée de « liquider » les œuvres en les maquillant. Montant estimé du trafic : plusieurs dizaines de millions d’euros. Cinq personnes ont été interpelées et sont en garde à vue, dont le directeur de la Maison de vente, un expert, une ancienne conservatrice du Musée du Louvre et un marchand d’art parisien.

Au-delà de pillage en « bande organisée » tout à fait condamnable, c’est l’intégrité du monde de l’art et des antiquités qui est aujourd’hui souillée par une poignée de personnes avides de profits.
Certes, tant que l’affaire n’est pas jugée, tout individu est présumé innocent, mais il restera forcément des traces. À l’heure où l’on nous parle de récessions dans le monde de la culture, preuve est faite que de l’argent il y en a, mais pas pour tout le monde.

Ce sont tous les professionnels de l’art qui vont être stigmatisés, à cause d’individus peu scrupuleux pour qui, visiblement, tous les moyens étaient bon pour s’enrichir, même les plus vils.
Il n’est pas impossible que d’autres acteurs du marché de l’art soient dans « l’œil du cyclone » ou du moins, dans celui de l’OCBC, dont nous saluons une fois encore l’engagement et le professionnalisme.

En savoir plus : lire l’article « source » de RTL 
ICI.

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Crédits photographiques : La Gazette du Patrimoine

Patrimoine condamné : merci l’Établissement Public Foncier !




Une fois de plus, dans les Hauts-de-France un charmant petit patrimoine se voit condamner. C’est à Guines, dans le département de le Pas-de-Calais, que ce château situé rue Narcisse Boulanger, vit probablement ses dernières semaines.

L’établissement Public Foncier, qui en avait fait l’acquisition en 2015, n’en fera rien et justifie sa décision de démolir par le fait que l’édifice est aujourd’hui trop vétuste et que la restauration serait trop coûteuse.

Nous ne pensons pas qu’en seulement cinq ans l’état de l’édifice se soit dégradé à tel point que ce bâtiment ne soit plus réhabilitable. Ce qui signifie que lors de l’acquisition par l’EPF, il n’y avait déjà aucune volonté de restauration. Les arbres du parc viennent d’être abattus et l’on ignore encore la date de démolition de l’édifice. Peut-être que l’on attend qu’il tombe tout seul, histoire de réduire les coûts…


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Quoi qu’il en soit, encore un petit témoin de l’histoire locale qui disparaît, à l’heure où tous les regards sont soi-disant tournés vers l’avenir du petit patrimoine des territoires. Ces démolitions permanentes prouvent bien, qu’il n’y a que très peu de volonté de donner un avenir au patrimoine non protégé.

Mais tout n’est pas perdu, car dans la même commune, un projet immobilier qui préserve le patrimoine existant devrait voir le jour prochainement, et nous ne manquerons pas mettre en avant cette belle initiative, qui elle, n’est bien entendu pas portée par l’Établissement Public Foncier.

Lire l’article de La Voix du Nord 
ICI.

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Crédits photographiques : La Voix du Nord

Un « Geste à l’Édifice » : Julie Fourmentraux s’engage pour la sauvegarde du patrimoine à Chamonix



Un nouveau « Geste à l’Édifice » au profit du petit patrimoine de nos territoires. Cette fois-ci, c’est un plafond qui va pouvoir bénéficier gracieusement des bons soins d’un artisan.

Julie Fourmentraux va offrir son temps et son savoir-faire, afin de restaurer un plafond qui a subi les affres du temps, à Chamonix en Haute-Savoie. Cela fait longtemps que Julie souhaite participer à notre opération, notamment en restaurant gracieusement un tableau. Mais c’est un plafond qui avait besoin de soins urgents, alors pour l’occasion elle va prendre de la hauteur, délaissant son chevalet au profit d’un échafaudage.


Lorsque nous lui demandons pourquoi elle a souhaité entreprendre cette mission, Julie répond :
« Depuis que je connais Urgences patrimoine, je veux mettre à contribution mon savoir-faire pour pouvoir sauver des œuvres qui n’ont pas la chance de bénéficier des fonds pour leur restauration. Les « petites œuvres » qui sont en péril sont pour moi tout aussi importantes que les œuvres de grands peintres. De plus, cette restauration est originale, même si les conditions sont un peu plus difficiles, car elles nécessitent une intervention sur place, loin de mon atelier de Thonon-les-Bains.Et puis faire revivre une œuvre dans une ville telle que Chamonix est un plaisir et une fierté. »

C’est donc dès demain que la restauration débutera. L’échafaudage est déjà en place, il n’attend plus que Julie.



Au sujet « d’Un Geste à l’Édifice » :

Cette opération créée par Urgences Patrimoine, consiste à faire intervenir des professionnels du patrimoine sur la base du volontariat. Les œuvres pour lesquelles ils interviennent ne disposent d’aucun budget, et seraient vouées à la disparition si elles n’étaient pas restaurées dans ce cadre-là.

En temps normal, nous n’intervenons jamais sur du patrimoine privé, mais pour ce plafond, nous faisons une exception en accord avec notre restauratrice. Car il s’agit du plafond d’un commerce appartenant à une dame très âgée, qui n’a pas les moyens de faire entreprendre les restaurations.

Au début du XXe siècle, la ville comptait bon nombre d’œuvres de ce genre, mais aujourd’hui elles sont devenues rares, car il est tellement plus facile de repeindre tout en blanc en faisant disparaître ces petits trésors, que de les restaurer.
C’est la raison pour laquelle, même s’il doit en rester qu’un, ce sera celui-là.

Un grand merci à Julie pour son engagement bénévole au service du patrimoine de nos territoires, malgré des conditions « post covid », peu propices au bénévolat. D’ailleurs, elle ne souhaite pas s’engager qu’une seule fois.

Prochainement, elle quittera la Haute-Savoie pour le département des Vosges et compte bien intervenir dans le même cadre pour sauver un autre témoin oublié de notre patrimoine.

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Crédits photographiques : Julie Fourmentraux


Laval : le Saint-Yves s’invite au second tour des élections



Cela fait presque deux ans que Michel Rosiaux et une poignée de passionnés se battent pour la réhabilitation du Saint-Yves, l’un de deux derniers Bateaux-Lavoirs de Laval.

En 1900 il en existait 22. Dans les années 70, ils n’étaient plus que 4 et aujourd’hui, seul le Saint-Julien a été restauré et le Saint-Yves attend désespérément l’heure de sa renaissance.

Ce patrimoine fait pourtant l’objet d’une protection au titre des monuments historiques et pourtant, il gît depuis des années dans un coin oublié de la ville et se dégrade chaque jour un peu plus.


Mais à force de détermination et surtout de patience, Michel Rosiaux a enfin réussi à faire entendre sa voix et celle de son collectif. Tout d’abord, grâce à une pétition, puis, après de multiples prises de contacts avec les élus.

Élus qui, aujourd’hui, placent pour la plupart, la restauration du Saint-Yves au cœur de leur programme du second tour des élections municipales.

Et ce ne sont pas que quelques mots prononcés dans un discours, mais des écrits qui feront foi en cas « d’oubli » après le scrutin. L’idée d’un espace de co-working est soutenu par un des candidats, pendant qu’un autre évoque plutôt la création d’un « café sur l’eau ».

Nous trouvons l’idée du café plus judicieuse, car vectrice de lien social, mais un lieu destiné aux entreprises n’est pas à écarter, l’essentiel étant que ce patrimoine emblématique d’une époque et témoin de la mémoire collective, retrouve sa place dans la ville et se voit assurer un avenir plus brillant que celui de pourrir dans un terrain vague.

Bien évidemment, Urgences Patrimoine soutien le collectif et se tient à la disposition des élus pour accompagner leur projet de sauvegarde.

À suivre….

Communiqué de Michel Rosiaux, président du collectif de sauvegarde du Saint-Yves:


J’ai récemment et à plusieurs reprises interpellé les candidats aux élections municipales de Laval sur Twitter :

Le 10 juin : « @pillon_didier @FBercault

Suite à la crise sanitaire...Qu’en sera-t-il, messieurs les candidats aux élections, de la protection, restauration et exploitation du bateau lavoir St Yves abandonné depuis 2009 sur un terrain municipal ? Patrimoine lavallois monument historique en péril ! »

Le 12 juin : « Un collectif et 1605 pétitionnaires attendent une réponse...

Candidats aux élections municipales vous vous êtes engagés à restaurer et exploiter ce bateau lavoir...
Après cette crise sanitaire pouvez-vous confirmer cet engagement ?»
Les candidats ont répondu à notre questionnement :

Le 16 juin Mr Pillon :
« @MichelRosiaux, notre engagement n’a pas changé, bien au contraire. Nous souhaitons donner de l’ambition à ce patrimoine lavallois : nous ferons du bateau-lavoir Saint-Yves un espace de coworking pour accompagner les indépendants. »


Le 17 juin Mr Bercault :
« @DemainLaval s’engage à préserver le patrimoine de Laval. Nous restaurerons le bateau-lavoir Saint-Yves pour en faire un café sur l’eau avec du financement participatif. Une mise en valeur de ce bateau-lavoir, si rare en Europe. »


Après 20 mois d’une démarche citoyenne apolitique nous pouvons effectivement espérer une restauration et une exploitation du bateau lavoir St Yves.

Bien évidemment ce ne sont que des promesses... mais de l’oubli le bateau lavoir Saint-Yves patrimoine classé monument historique est devenu un sujet d’une campagne électorale.

Certes rien n’est acquis et nous devons rester vigilants, attentifs et continuer notre action.

D’une part pour que les promesses se concrétisent.Et d’autre part pour que le collectif puisse participer à cette concrétisation d’un projet de restauration et d’exploitation concerté (élus, décideurs, collectif...). Le St Yves doit redevenir un lieu de vie et de rencontre pour la population et les entreprises.

Le soutien populaire a permis d’être entendu et écouté et montre s’il fallait que notre action était légitime.

Mais augmenter les soutiens par le biais de la pétition peut définitivement transformer les promesses en réalité. Cliquez
ICI. Le lien est : http://chng.it/kmLZRDzhVB.

Bien évidemment je tenais à vous remercier pour vos soutiens, messages et encouragements.
Et compte encore sur vous pour que nous puissions revoir flotter le Saint-Yves sur la mayenne.


Lire notre précédent article sur ce sujet
ICI.

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Crédits photographiques : Michel Rosiaux

Calais : la messe est dite pour « la chapelle »



Elle aura fait couler beaucoup d’encre depuis l’annonce de sa future démolition dans la presse. Mais après l’encre, ce seront les larmes des défenseurs du patrimoine Art Déco et, en particulier ceux qui défendent l’œuvre de Roger Poyé, architecte bien connu des Calaisiens, puisqu’il est l’auteur de plusieurs monuments classés —notamment la célèbre bourse du travail.


Une pétition a été lancée par deux enseignantes, les nièces de l’architecte ont écrit à Madame le Maire de la ville afin de demander que soit revu le projet de démolition (lire
l’article) et même Stéphane Bern a contesté cette démolition. Mais cela n’a visiblement pas suffi.

Nous ne pouvons pas, hélas, mener tous les combats, mais si les défenseurs du patrimoine local nous avaient contacté, peut-être aurions-nous pu tenter une ultime action. D’autant plus que lorsque nous avons eu connaissance de l’affaire, un recours était encore possible.

On ne peut pas réécrire l’histoire.

En revanche, nous nous permettons de revenir sur les propos tenus par les élus pour défendre leur projet de démolition dans un article du journal
La Voix du Nord du 9 juin.

Dans une question orale posée à la fin du conseil municipal, l’élu d’opposition Jean-Philippe Lannoy (Insoumis, liste « Respirer Calais ») a interpellé la maire au sujet du bâtiment de la rue des Soupirants, la chapelle, construit par l’architecte Roger Poyé. Ce site, qui fait l’objet d’un permis de démolir déposé par son propriétaire, le bailleur social Terre d’Opale habitat (TOH), a entraîné une pétition et une demande de maintien par différentes personnes, dont des membres de la famille de Roger Poyé (également architecte de l’ancienne maternité, la Bourse du travail, l’école maternelle Bossuet…).

« Il y a une mobilisation pour sauver ce patrimoine. Vous vous réfugiez derrière la décision de l’architecte des Bâtiments de France. Quelles sont les raisons précises de cette démolition ? Peut-on y surseoir ? », interroge Jean-Philippe Lannoy. C’est le premier adjoint Emmanuel Agius qui a apporté une longue réponse, refaisant un peu d’histoire…

« Le bâtiment est insalubre, non conforme à une habitation. »

Cette bâtisse a été érigée dans les années 30 et est devenue propriété de Terre d’Opale habitat en décembre 1977 (cession par la ville). Une résidence régulièrement squattée. « Le bâtiment est insalubre, non conforme à une habitation. Le taux d’humidité est épouvantable, il n’y a pas de chauffage, il n’est pas raccordé au tout-à-l’égout et il existe des trous béants dans le plancher, qui ne permettent plus à la chapelle d’être stable », explique l’élu de la majorité.

Selon le bailleur social, le bâtiment a été évalué à 50 000 € (y compris le prix de sa sécurisation). Sa remise en état serait « quatre à cinq fois supérieure à la construction d’un neuf », ajoute Emmanuel Agius. TOH veut y construire à la place, et selon les normes définies par les Bâtiments de France, une résidence de 15 à 20 logements sociaux. « La sous-préfecture, qui s’est manifestée, a aussi donné son accord pour la démolition », appuie le premier adjoint. L’immeuble doit être détruit cette année.

En résumé :

Toujours les mêmes arguments de la part des élus « démolisseurs » :bâtiment insalubre, restauration trop couteuse et nous avons besoin de construire des logements sociaux !

Sauf que là on pousse quand même le bouchon un peu loin en essayant de nous faire croire que la réhabilitation coûterait 4 fois plus cher que la démolition et la construction des logements sociaux.

D’ailleurs, à quand une grande campagne en faveur de la réhabilitation du bâti ancien pour en faire des logements sociaux ? Mais c’est un autre sujet.

Nous avons demandé l’avis d’un architecte concernant l’état de l’édifice, et il nous confirme qu’il n’y a pas d’importants désordres structurels. Certes il y a quelques fissurent, mais rien ne pouvant justifier la démolition.

Est-ce qu’une étude en faveur d’une réhabilitation a été faite ? Nous parions que non.

Mais on « invente » des chiffres, afin que le projet ne soit pas contestable.

Nous nous posons quand même certaines questions :

La ville a signé le permis de démolir avec la bénédiction (une fois de plus) de l’Architecte des Bâtiments de France. Mais si le bailleur social est propriétaire depuis 1977, pourquoi n’y a-t-il jamais eu de procédure de péril ou de constat d’abandon manifeste, puisque le bien se dégrade depuis de nombreuses années et qu’il provoque de nombreuses nuisances dans le quartier. Le rôle d’un maire n’est-il pas d’assurer la sécurité des biens et des personnes ?

Et pourquoi le bailleur social n’a-t-il pas entretenu son bien et n’a surtout jamais été rappelé à l’ordre ?

C’est facile de dire qu’un bien est insalubre quand on ne l’a jamais entretenu.

Ce genre de situation est devenue tellement banale, que plus personne ne s’émeut du sort de centaines de petits patrimoines de ce genre, que l’on acquiert pour en faire une « réserve foncière » et qu’on laisse pourrir jusqu’à ce que démolition s’en suive…

À l’heure où tout le monde semble découvrir l’intérêt pour le « petit patrimoine » pour nos territoires, il serait peut-être bien de se pencher sur le sujet sérieusement et pas uniquement en faisant des « effets d’annonce ».

En tout cas, « carton rouge » pour Calais, qui vient tout juste de recevoir le label « Ville d’Art et d’Histoire ».

Pour une première année de labellisation, cette démolition va faire joli dans le décor.

Notre précédent article sur le même sujet
ICI.

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Crédits photographiques : Nord Littoral. Fr







Cathédrale Saint-Pierre de Rennes : début d'incendie volontaire




Il était environ 1 h 45, dans la nuit de jeudi à vendredi, quand les pompiers ont été appelés suite à un début d’incendie à l’arrière de la cathédrale Saint-Pierre, à Rennes. Le feu a démarré dans une poubelle placée devant une porte.

Sans l’alerte donnée par des riverains - en particulier une employée d’un restaurant voisin - les dégâts auraient pu être beaucoup plus graves.

Les pompiers ont été mobilisés durant une demi-heure. Une enquête a été confiée à la police judiciaire de Rennes.


Nous en arrivons à un tel stade de violence envers le patrimoine que Victor Hugo sera le mieux placé pour faire une analyse de la situation. Nous nous résignons à ne faire aucun commentaire pour une fois.

Quand de ses souvenirs la France dépouillée,
Hélas ! aura perdu sa vieille majesté,
Lui disputant encor quelque pourpre souillée,
Ils riront de sa nudité !
Nous, ne profanons point cette mère sacrée ;
Consolons sa gloire éplorée,
Chantons ses astres éclipsés ;
Car notre jeune muse, affrontant l’anarchie,
Ne veut pas secouer sa bannière, blanchie
De la poudre des temps passés.


Victor Hugo, « La bande noire » 1823

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Crédit photographique : Paroisse Saint-Pierre et Saint-Étienne de Rennes


Les statues de la honte ?



Nous assistons depuis quelques jours à un mouvement sans précédent, dont les revendications sont pour certaines sans doute légitimes. Toutefois, s’en prendre à des statues, souvent présentes depuis plusieurs siècles, est un acte condamnable, fait pour diviser — et en aucun cas rassembler — autour d’une cause somme toute tragique.

« La destruction, la dégradation ou la détérioration d'un immeuble ou d'un objet mobilier classé ou inscrit au titre des monuments historiques constitue un délit sanctionné par l'article 322-3-1 du Code pénal. »

À partir de cet article de loi nous pouvons nous interroger sur les actes de vandalisme perpétrés ces derniers jours sur des œuvres au quatre coins du monde. Effacer les représentations de ceux qui ont fait l’histoire heureuse ou controversée d’un pays, est-ce la bonne idée en ce début du XXIe siècle tourmenté ? S’attaquer à l’art et à la culture d’une nation, est-ce le meilleur moyen « d’oublier » ? Et s'agit-il d'oublier ?

Les revendications d’une minorité d’ultras anti-esclavagistes sont-elles légitimes ?

Personne ne doit oublier la souffrance que l’histoire a infligé aux hommes, à tous les hommes. Il faut se souvenir, il faut transmettre, il faut expliquer…

Le « devoir de mémoire » consiste avant tout à honorer ceux qui sont victimes de l’histoire de l’humanité. Mais est-ce leur faire honneur que de s’en prendre des siècles plus tard à la culture de leur pays ? N’oublions pas « qu’un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ». (Aimé Césaire)

La plus emblématique statue qui a été dégradée ces derniers jours est celle de Christophe Colomb. Ce qui signifie que certains souhaitent voir disparaître l’histoire depuis 1492 ? Mais alors dans ce cas, il faut détruire tous nos châteaux, puisque, si nous poussons la réflexion jusque-là, ils sont les témoins de l’oppression du peuple. Car les serfs et les vilains appartenaient bien aux seigneurs. Durant des siècles, la misère était partout et la vie des « petits » n’avait aucune valeur.

Doit-on pour autant s’en prendre aux représentations de Rois de France, parce que le peuple était méprisé et affamé ? Doit-on brûler Versailles parce que pendant que la Cour s’amusait le peuple agonisait ? Et même, en poussant la réflexion à l’extrême, devons-nous détruire les arènes romaines, parce que des gladiateurs y perdaient la vie ?

Il faut attendre 1789 pour que l’homme soit considéré en tant que tel, sans considération de condition.

Mais souvenons-nous de de l’article 10 des Droits de l'homme et du citoyen qui nous rappelle que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public ». Or, aujourd’hui, au nom de certaines tragédies qui ont émaillé l’histoire, cet ordre n’est plus respecté. S’en prendre à la culture d’un pays, c’est attaquer le pays lui-même.

Retirer ou détruire une statue peut-il suffire à faire oublier ce qui ne peut pas l’être ? Certainement pas. Le bon sens consiste justement à expliquer et éduquer.

D’ailleurs, citons le bel exemple de la ville de Bordeaux, dont certains personnages historiques de la ville ont fait leur fortune grâce aux esclaves.
Sous chaque nom de rue portant le nom de l’un d’entre-eux, une plaque explicative complète ce nom, afin de ne pas oublier les exactions commises, en particulier au XVIIIe siècle, mais tout en considérant que ces figures Bordelaises ont également contribués au rayonnement de la ville.


En 2017 l’historien Pierre Assouline soulevait déjà cette question et prônait lui aussi « l’explication » plutôt que le retrait des représentations historiques controversées.

Afficher l’histoire, heureuse ou malheureuse, ce n’est pas de la provocation et encore moins de l’amnésie, c’est de l’éducation. Et l’éducation, est le principal vecteur de la culture, dont certains hélas semblent dépourvu aujourd’hui.

N’oublions pas les ravages des guerres sur bon nombre de statues, dont certaines pouvaient être considérées comme étant de grandes œuvres. Au total,
17.000 statues ont été détruites sur l’ensemble de notre territoire pendant la seconde guerre mondiale.

Et n’oublions pas que dans certains pays, la destruction des statues et du patrimoine est considéré comme un crime contre l’humanité.

La guerre peut nous priver d’art, mais nous ne sommes pas en guerre, du moins, pas encore…



« Entre le passé où sont nos souvenirs et l'avenir où sont nos espérances, il y a le présent où sont nos devoirs. »
Henri-Dominique Lacordaire

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Crédits photographiques : Ptoto1: AFFP/Photo 2 : Pierre Jahan/ Photo 3 : Nicolas Tucat/AFP






Le patrimoine est enfin reconnu comme une victime à part entière de la pollution !




La Boise de Saint-Nicaise, association pour la sauvegarde et la reconversion de l’église Saint-Nicaise de Rouen, riche édifice désacralisé inscrit MH, est née en juin 2016. À l’occasion d’un appel à projets lancé par la ville de Rouen propriétaire en 2019, elle s’est associée avec la brasserie artisanale Ragnar pour que l’ancienne église, après restauration, devienne, sous le régime du bail emphytéotique et à condition d’héberger un musée et de conserver l’essentiel de son mobilier, la plus grande et la plus originale église-brasserie d’Europe. Le projet, retenu, est dans la phase études. La production de bières ayant commencé sur un premier site, on peut d’ores et déjà, en en achetant, abonder le fonds alloué à la restauration de l’église, 10 % du prix de vente y étant consacré.


Une très bonne nouvelle pour les communes et associations de défense du patrimoine : la commission sénatoriale chargée du dossier Lubrizol (incendie d’une usine chimique à Rouen en 2019), dans son rapport du 2 juin dernier, vient de reconnaître pour la première fois en France la nécessité d’intégrer le préjudice patrimonial au régime d’indemnisation après un accident industriel. Le rapport va même jusqu’à préconiser d’associer la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et les défenseurs du patrimoine à la gestion des conséquences de ce type de catastrophe. Ces préconisations sont issues d’une contribution rédigée par l’association rouennaise La Boise de Saint-Nicaise, à la demande de la sénatrice Catherine Morin-Desailly.
 
La question du patrimoine est traitée dans l
a seconde partie du rapport, au troisième point (« Réparer plus efficacement l’ensemble des préjudices »), petit c (« Prendre en compte les conséquences économiques à long terme de l’incendie »).
 
Nous en reproduisons ci-dessous le texte intégral :   

« Par ailleurs, l’indemnisation devra prendre en compte les atteintes au patrimoine . La contribution écrite de l’association rouennaise de défense du patrimoine “La Boise de Saint-Nicaise” rappelle que Rouen est, avec Paris et Nancy, une des villes françaises qui concentrent le plus de monuments inscrits ou classés au kilomètre carré. Dans sa contribution, l’association souligne que “la situation de son patrimoine monumental, exposé aux agressions de la pollution, au manque d’entretien et de fonds pour le restaurer, était déjà inquiétante avant l’accident Lubrizol. L’abbatiale Saint-Ouen, édifice de la taille d’une cathédrale et à la charge de la commune, atteste à elle seule de l’état général du patrimoine rouennais : ce dernier tombe littéralement en morceaux”. Or le surcroît d’émanations soufrées fixé sur les bâtiments dès les premiers jours suivant l’accident de Lubrizol par une pluviométrie abondante, amplifie un phénomène chronique et irréversible de nécrose de la pierre et du béton, en plus d’attaquer les vitraux anciens.

Quel coût supplémentaire la pollution accidentelle liée à l’incendie de Lubrizol va-t-il entraîner ? Les collectivités publiques, déjà fortement sollicitées, parviendront-elles à dégager des moyens supplémentaires, dans un contexte marqué par la baisse des dotations de l’État ? Le régime d’indemnisation à l’amiable mis en place est-il adapté à la couverture de ce préjudice qui pourrait ne se manifester qu’à long terme ? Autant de questions qui restent aujourd’hui en suspens et qui justifieraient que la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et les associations de défense du patrimoine soient pleinement associées aux structures de suivi des conséquences de l’accident. »


Il faut noter ici le « devra prendre en compte ». Pas « devrait » mais « devra ». Il s’agit d’une préconisation contraignante dont seules les modalités de réalisation sont au conditionnel.

Appliqué au patrimoine, le principe pollueur/payeur permet à la question de l’action de long terme, la seule qui fasse sens, de revenir sur le devant de la scène.

La Boise de Saint-Nicaise


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Crédits photographiques : La Boise de Saint-Nicaise

Ne regardons plus: agissons !

Ce slogan, nous le martelons à longueur de journée, car afin de lutter efficacement contre le déni de patrimoine, son abandon et ses démolitions, il faut que chacun d’entre nous soit attentif à ce qui se passe dans sa commune, dans sa ville, dans sa région. Nous sommes ceux qui pouvons d’agir.


Oh, nous ne disons pas qu’alerter Urgences Patrimoine permet de réaliser des miracles à chaque fois, mais notre visibilité et notre réseau peuvent conduire à l’impossible, comme nous l’avons prouvé pour la maison médiévale d’Orpierre fin 2019, ou plus récemment, pour la chapelle Saint-Joseph en obtenant un sursis de la part du Ministre de la Culture.

L’alerte est capitale, mais le soutien à nos actions l’est tout autant. Il est vrai qu’il est plus simple de faire un don pour un projet de restauration que pour éviter une démolition et pourtant. À ce rythme-là, que restera-t-il du patrimoine si on le démolit un peu plus chaque jour ? Nous sommes quasiment les seuls à nous être engagés dans cette voie de la « lutte » : engagez-vous avec nous.

En devenant membre d’Urgences Patrimoine, vous apportez une voix supplémentaire à la nôtre et plus nous serons nombreux, plus nos combats obtiendront de victoires. Nous avons besoin de « soldats du patrimoine » pour combattre l’indifférence croissante envers notre mémoire collective et notre identité culturelle.

Vous êtes nombreux à avoir donné à la plateforme « Change.org » lorsque vous avez signé notre pétition pour la chapelle Saint-Joseph et nous vous remercions pour eux. Mais cet argent ne tombe dans l’escarcelle d’Urgences Patrimoine. Et vous savez tous qu’il n’est pas nécessaire de payer pour signer. En revanche, seulement trois personnes nous ont fait un don lors de ce combat, à savoir en tout : 85 euros.

85 euros pour sauver une chapelle de la démolition, c’est presque une insulte à notre travail, mais nous l’acceptons, car notre seul but est de sauver le patrimoine et pas de faire du racket. Cependant, comme dans toute structure associative, qui ne bénéficie d’aucune subvention de surcroit, il faut tout de même un petit effort populaire.

Alors merci d’avance pour votre aide qui contribuera à nous aider dans nos prochains combats.

Pour vous engager cliquez sur ce lien :
https://www.helloasso.com/associations/urgences-patrimoine/adhesions/bulletin-d-engagement

Pour télécharger le bulletin d’engagement papier, cliquez ICI.

Pour faire simplement un don,
aussi modeste soit-il pour nos actions et notre Gazette du Patrimoine qui contribue largement à notre visibilité et à celle de nos actions :

https://www.helloasso.com/associations/urgences-patrimoine/formulaires/1/widget

D’avance merci. Le Patrimoine compte sur vous et nous aussi.

La mémoire avalée


Avalée par un tractopelle, la mémoire du village de Bizanet, charmante petite commune de l’Aude, au riche patrimoine.


Malgré un marquage patrimonial fort, il n’en reste pas moins que la commune, comme tant d’autres sur notre territoire, ne résiste pas à l’appel des sirènes de la modernité. Ici aussi c’est « tabula rasa ».

Certes, ce n’est pas une église, un château ou un « bâtiment classé » remarquable. Non, ce n’était qu’un simple ensemble de maisons de village, devenues « encombrantes » et qui vont faire place à six logements locatifs neufs à prix réduits.

Certes il faut offrir la possibilité à des personnes modestes de pouvoir se loger. Mais encore une fois, ne pouvions-nous pas envisager une réhabilitation intelligente plutôt que ces démolitions ?


La question ne s’est peut-être même pas posée et nous n’avons pas suffisamment suivi ce projet pour porter un jugement sur la forme. Mais sur le fond, nous ne nous résoudrons jamais à la défiguration grandissante de nos centres anciens.

Aujourd’hui, on se souviendra de la « Maison d’Anna », la laitière, puisque la presse locale en a fait un article. Mais demain ? Qui se souviendra de cette figure emblématique de la commune arrivée d’Ardèche en 1929 ? Personne. Et quel intérêt en fait de se « souvenir d’Anna » ?

Mais qui était Anna ?

Paul et Marie Anna Dedieu sont arrivés de l’Ariège en 1929 pour s’installer à Bizanet comme marchands de légumes, fromages, volailles et œufs. C’est en 1930, qu’ils deviendront marchands ambulants et commenceront leur travail de laitier avec 6 vaches qui seront dans l’étable en face de la maison où l’on pouvait venir chercher son lait. De fil en aiguille et surtout pendant la guerre, tous les Bizanétois allaient chercher leur lait chez Anna, qui est devenue Anna la laitière, surnom qui l’a suivi jusqu’à sa mort en 1981. Aucun de leurs 3 enfants ne voulant reprendre le commerce familial, il s’est donc arrêté dans les années soixante. (cf Journal L’Indépendant)

En faisant disparaître tous ces lieux chargés d’histoire, c’est la mémoire locale que l’on assassine. Les bâtiments construits à la place auront au maximum une durée de vie de 30 ans, et encore… Alors que la maison d’Anna avait traversé plusieurs siècles…


Mais l’ère de l’éphémère modernité efface tout sur son passage. Adieu maison d’Anna, qui va laisser sa place à … un parking pour les résidents des six logements, nommés « La résidence d’Anna », hommage ou provocation, nous vous laissons juges…

En savoir plus ICI et ICI.

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Crédits photographiques : L’indépendant.fr

Suspension du projet de démolition de la chapelle Saint-Joseph : coup d'arrêt ou coup de com ?



Vendredi 5 juin, un peu après 21 heures, Stéphane Bern m’a appelé pour me prévenir que nous avions gagné notre combat contre le projet de démolition de la Chapelle. Comme je ne réponds jamais aux appels masqués, je n’ai pas décroché, mais il m’a laissé un très gentil message.

Passé l’euphorie et le soulagement à l’annonce de cette nouvelle, je considère cette « victoire », comme un premier pas vers l’évidence et le bon sens, mais en aucun cas comme la fin du combat.

On va dire que c’est une trêve, mais en aucun cas une capitulation avérée du maître d’ouvrage. Tant que « l’armistice » ne sera pas officiellement signé, il faudra rester extrêmement vigilants. J’ai d’ailleurs fait part de mes inquiétudes à Stéphane Bern dans un mail, dès le lendemain matin :

Cher Stéphane,

Passée l'euphorie de l'annonce d'hier, je pense qu'il faudra rester tout de même très vigilant, car pour le moment rien ne dit qu'à l'issue des réflexions avec la direction, la chapelle sera réhabilitée.

Nous sommes dans la même problématique que celle de la Halle Lustucru en Arles, que nous avions réussi à sauver de la démolition grâce à l'intervention de Françoise Nyssen et qui est toujours en train de pourrir dans un terrain vague.

Et bien entendu, le petit Château de Navarre, que nous avions sauvé avec Thierry Coudert et qui a tout de même été démoli malgré son inscription MH…



Réponse de Stéphane Bern :

Chère Alexandra,

Merci pour vos messages que je découvre ce matin, en tournage dans le sud. Comme vous je reste vigilant mais je crois le Ministre de bonne foi quand il me dit qu’il ne laissera pas détruire la chapelle St-Joseph de Lille.

Merci encore de m’avoir alerté et bravo pour votre action persévérante…


Certains d’entre vous penseront sans-doute que je suis trop pessimiste, mais hélas, en six ans de « combats » pour le patrimoine, j’ai vu tellement de choses exaspérantes, que je ne dormirai tranquille que lorsque l’édifice bénéficiera de la mise sous protection d’urgence que nous demandons ou lorsqu’Yncréa aura fait un communiqué officiel.

Car n’oublions pas qu’un permis de démolir ne peut être annulé, donc, le risque est toujours présent jusqu’à l’expiration de sa validité, à savoir, le 28 mai 2021.

Comme Stéphane Bern, je pense le Ministre de bonne foi, mais comme le patrimoine n’a jamais été sa priorité depuis son arrivée au ministère, on peut se poser tout de même la question quant à cet intérêt soudain.

Le remaniement ministériel annoncé ne serait-il pas à l’origine de cette décision, qui chercherait à montrer que Franck Riester peut « aussi » s’intéresser au patrimoine ? Nous lui laisserons le bénéfice du doute et nous dirons, donc, qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Lire le
communiqué de presse du ministère ici.

Mais enfin, soyons sérieux. Lorsque nous lisons dans la presse nationale que des « tractations » avaient lieu entre le ministère et la mairie de Lille depuis des semaines, nous savons qu’il n’en est rien, puisque nous n’avons relancé l’affaire que le 22 mai 2020, soit exactement 15 jours avant la décision du ministre.

Preuve en est, l’étonnement d’Yncréa, de voir surgir de nulle part Urgences Patrimoine un an après la délivrance du permis de démolir, obtenu sans difficulté, avec la bénédiction de l’ABF.

Même si certains occultent totalement notre action dans cette décision ministérielle, nous savons exactement quel rôle déterminant a été le nôtre pour la préservation de la chapelle.

D’ailleurs, puisque Monsieur le Ministre souhaite étudier les solutions alternatives, nous lui avons fait parvenir celle de notre ingénieur économiste, que nous avions publiée dans
La Gazette du Patrimoine du 27 mai.

N’oublions pas également, que le « doux parfum » des élections municipales du 28 juin se fait sentir, et que les électeurs seront sans doute sensibles à cette décision de sauver in extrémis ce symbole patrimonial, au-delà de toute considération religieuse d’ailleurs.

Résumons : c’est un sursis et pas une certitude. Donc, la pétition suit son cour tant que la situation ne sera pas claire.

Pour signer, cliquez ici.


Je profite de cet article pour remercier très sincèrement tous les acteurs qui nous ont aidé dans cette première phase de combat, qu’ils soient ceux de l’ombre ou ceux de la lumière.

Alors merci à mon ami Laurent Lequeuche, notre ingénieur, avec qui j’ai travaillé quinze jours non-stop de 6h30 le matin à bien souvent jusqu’à 22h le soir.

Merci à l’architecte Etienne Poncelet pour son combat antérieur et ses conseils.

Merci à mon ami Pascal Payen-Appezeller, Fondateur du Geste d’Or pour son intervention auprès du ministère.

Merci à Stéphane Bern, qui a répondu présent à notre appel et qui est incontestablement l’acteur clé de cette victoire.

Merci à Franck Riester pour cette décision « suspensive », en attendant qu’il accorde la mise sous protection d’urgence.

Merci à tous ceux qui ont relayé notre action et en particulier à : Anne-Sophie Hourdeaux (
Lille-Actu), Fanny Magdeleine (La Croix), Didier Ryckner (La Tribune de l’Art) et Adrien Goëtz .

Enfin, un grand merci à vous tous qui avez signé notre pétition et qui nous avez accompagné durant ces quinze jours et qui j’espère, allez nous accompagner encore jusqu’à la victoire contre le déni de patrimoine de nos territoires.

Ah oui, et à l’attention des journalistes du
Figaro, BFM, 20 minutes…. Le crédit photo que vous attribuez à Secrets d’Histoire est erroné. Cette photo est la propriété d’Urgences Patrimoine et de La Gazette du Patrimoine. Il suffit de lire notre pétition ou de prendre note de notre article du 22 mai pour vous en rendre compte.


« Le patrimoine ne peut pas lutter, ensemble nous pouvons »

Alexandra Sobczak-Romanski
Présidente d’Urgences Patrimoine

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Crédits photographiques : Anne-Sophie Hourdeaux/ Croix de Lille

Après Saint-Joseph, quel avenir pour Saint-Jacques ?


L’église Saint-Jacques de Bordeaux, un mois après l’alerte du Collectif 1120


L’église médiévale Saint-Jacques, à Bordeaux, grande chapelle de l’ancien hôpital qui accueillait des pèlerins du chemin de Saint-Jacques de Compostelle du XIIe siècle au XVIIIe, est sortie de l’oubli grâce à la passion d’un homme, Guilhem Pépin, historien médiéviste spécialiste de l’Aquitaine dite anglaise (1154-1453), qui avait beaucoup de mal à accepter que cette ancienne église du XVe siècle fasse seulement office de garage pour automobiles et qu’elle ne soit protégée par aucun dispositif de protection. De plus, il avait appris que la voûte du chœur s’est effondrée en 2001 avec une magnifique clé de voûte représentant saint Jacques qui heureusement, a peu soufferte lors de cet accident. Tout cela l’a poussé à l’action afin de la sauver du triste sort qu’elle subissait et qu’elle risquait de subir à l’avenir.

Le 5 mai dernier, il a lancé une page Facebook et en même temps, un « collectif » qui a pour nom « collectif 1120 », correspondant à l’année de fondation de l’hôpital Saint-Jacques et de sa première église.

Le buzz sur les réseaux est immédiat (plus de 62 000 vues sur Facebook) et la presse locale relaie son action.

Ce monument du XVe siècle est de nos jours une propriété privée et il est donc très difficile d’entreprendre quoi que ce soit pour sa sauvegarde, car la propriétaire, même si elle affirme être très respectueuse du lieu, n’a jamais fait reconstruire la voûte effondrée il y a 19 ans et garde un échafaudage provisoire en métal depuis 19 ans pour empêcher que la toiture affaissée de ce monument ne tombe. N’ayant apparemment pas les moyens de restaurer et d’entretenir correctement ce monument, elle est donc susceptible de vendre à tout moment cette ancienne église non-protégée à un promoteur immobilier qui diviserait la nef en plusieurs appartements ou chambres d’hôtel de luxe, à la suite de la proposition d’une importante somme d’argent, au vu du contexte immobilier local.


Nous avons souhaité savoir ce qu’il s’était passé depuis un mois.

Guilhem, s’exprimant toujours avec la même passion, fait le point avec nous sur cette ancienne église située au numéro 10 de la rue du Mirail à Bordeaux :

« Beaucoup de Bordelais nous ont contacté pour soutenir sans réserve notre action, certains ignoraient même l’existence de cette église « oubliée » alors qu’ils habitent depuis des décennies dans cette rue !

Nous avons également eu quelques contacts avec des élus et nous allons être reçus à la mairie de Bordeaux prochainement.

Nous attendons beaucoup de ce rendez-vous, car nous savons que s’il existe une réelle volonté municipale de sauver ce monument, alors cette ancienne église pourra être transmises intacte et restaurée aux futures générations de Bordelais.

Nous avons également eu quelques petits articles dans la presse locale, mais hélas, les grands médias nationaux ne s’intéressent apparemment pas pour le moment à des causes comme la nôtre, pourtant, c’est une histoire exceptionnelle que celle-ci, qui pourrait émouvoir le monde entier.

Malgré tout, sans présager de l’avenir à ce niveau-là, nous allons continuer à nous mobiliser avec tous les citoyens bordelais et d’ailleurs en France qui désirent soutenir notre action, en espérant qu’une solution correcte et respectueuse de ce monument historique soit trouvée afin d’offrir un avenir à cette merveilleuse église Saint-Jacques. »



Quelles pourraient-être les solutions pour sauver cette église ?

La piste la plus évidente semble être celle de l’état de péril imminent, puisque l’édifice est en très mauvais état et met potentiellement en danger la sécurité des biens et des personnes.

Sinon, une protection au titre des monuments historiques de la part de la DRAC serait la bienvenue, mais de ce côté-là, nous savons tous que les procédures durent des années, surtout s’agissant d’un bien privé, surtout quand le propriétaire n’est pas l’auteur de la demande de protection.

Donc, prions saint Jacques ou plutôt sainte Rita, pour que la ville de Bordeaux prenne cette alerte patrimoniale très aux sérieux et que cette cause soit peut-être juste un peu compliquée, mais pas désespérée.



En savoir plus :nous avons également consacré un article sur ce sujet dans notre rubrique « à l’aide » dans La Gazette du Patrimoine de mai ICI.

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Crédits photographiques :
Photo 1 et 4 : Collectif 1120
Photo 2 et 3 : Juan Reyero

!!! Suspension de la démolition de la chapelle Saint-Joseph à Lille


DERNIERE MINUTE !!!!!!!!!!!

Nous venons d’être informés à la fois par Monsieur Stéphane Bern et Monsieur Adrien Goetz que le Ministre de la culture avait suspendu la procédure de démolition de la chapelle Saint-Joseph.


L’action que nous menons nuits et jours depuis exactement 15 jours a permis de faire entendre la voix du « petit patrimoine ».

Stéphane Bern, que j’avais contacté à ce sujet la semaine dernière a appuyé notre demande auprès du Ministre et ce dernier a suspendu l’autorisation de démolition afin qu’une solution soit trouvée pour inclure la chapelle dans le projet Camplus !

Nous reviendrons demain plus en détails sur ces 15 jours de combat sans relâche !
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Crédit photographique : La Gazette du Patrimoine


La sauvegarde du « petit patrimoine » : grande cause nationale ?



Il y a trois ans, au lendemain des élections présidentielles, j’avais écrit mes espoirs concernant l’avenir du patrimoine et sa sauvegarde. L’idée de cet article aujourd’hui n’est pas de faire un bilan, mais un constat. Le constat qu’à part quelques « mesurettes » faisant croire que le patrimoine est sauvé, rien n’a changé et on peut même se demander si les choses n’ont pas empiré.

Car si le patrimoine n’a pas le cœur à la fête, les pelleteuses, elles, s’amusent en grignotant un peu plus chaque jour les témoins de notre identité culturelle.

Stéphane Bern, à la sortie du confinement, a lancé un appel en faveur du « petit patrimoine », afin que celui-ci devienne une grande cause nationale. Cela fait des années que nous demandons que la lumière soit faite sur ce patrimoine souvent délaissé. Nous espérons donc que l’appel de « Monsieur Patrimoine » sera entendu, mais sans grand espoir.

Pessimisme ? Non : réalisme !

Car si nous regardons bien la situation présente, force est de constater que le Ministère de la Culture post-confinement est pour l'essentiel à l'écoute des requêtes que lui formulent les « grandes » associations institutionnelles qui défendent les grands châteaux et autres édifices classés, bien loin du « petit patrimoine » des territoires qui est immuablement oublié et méprisé par les « grands faiseurs et grands diseurs » de la sauvegarde du patrimoine. Le courrier envoyé le 22 avril par le ministre Riester à VMF, la Demeure Historique, les Ateliers d’Art de France et le Groupement des Entreprises de Restauration des Monuments Historiques (GMH) est sans ambiguïté aucune et sa/leur définition du «patrimoine » invalide par avance le « petit » patrimoine. Et l'entretien en visio-conférence entre le Ministre de la culture et ces mêmes acteurs corrobore ce constat, la question du « petit patrimoine » tombant aux oubliettes.

Les propriétaires de ce « petit patrimoine », qu’il soit public ou privé, n’ont pas fini de « ramer » pour survivre.

Mais au fait, qu’est-ce que le « petit patrimoine » ?

En théorie, ce sont les édifices qui ne bénéficient d’aucune protection au titre des monuments historiques. Ce qui, dans l’esprit étroit de certain, signifie qu’ils n’ont aucun intérêt. Et c’est bien là tout le problème et c’est sur ce point-là que beaucoup s’appuient pour démolir sans vergogne, en particulier lorsqu’il s’agit du patrimoine de XIXe. Nous en avons le parfait exemple avec la chapelle Saint-Joseph qu’Urgences Patrimoine et La Gazette du Patrimoine tentent de sauver sans beaucoup d’illusions, puisque l’argument principal du propriétaire est que, justement,  « cette chapelle n’a aucun intérêt architectural puisqu’elle n’est pas protégée au titre des monuments historiques ».

Nul doute que si la demande avait été formulée, elle aurait été accordée par la DRAC. Mais quand on ne demande pas, on n’a pas. Donc, abandonnons, démolissons et écroulons tout ce qui n’est pas protégé, ça fera de la place pour de jolis parkings et des immeubles en cube.

Mais alors ne plaçons plus « le petit patrimoine » au cœur des débats, puisque pour débattre il faut être nombreux et que, pour le moment, c’est un monologue, face à un Ministère sourd et à une DRAC muette.

Mais ce débat n’est pas nouveau, puisqu’en son temps Victor Hugo se battait déjà contre les démolisseurs et qu’exactement deux cents ans plus tard rien n’a changé.


Pour ceux qui auront le courage de continuer à lire cet article, voilà donc ce que j’écrivais il y a exactement trois ans :

La sauvegarde du patrimoine ne fut pas un grand thème de campagne des élections présidentielles, c'est donc avec une certaine fébrilité que nous attendions les orientations du nouveau Président sur le sujet. J'ai pris connaissance des dispositions qui pourraient être prises en faveur de la culture et j'avoue être un peu soulagée de constater que ce sujet fera partie des "grands chantiers" envisagés par Monsieur Macron. Comme mon implication et mes compétences concernant la culture se limitent à la sauvegarde du patrimoine, je ne vais pas me permettre de juger les mesures en dehors de celle-ci. Le Patrimoine, qu'il soit matériel ou immatériel, mérite des mesures d'urgence et sans doute des réformes en profondeur.


1/ le Patrimoine ne devrait-il pas avoir un Ministère dédié ou au moins un Secrétariat d'état, en dehors de celui de la culture, car après plus de trente ans d'abandon manifeste, la tâche me paraît démesurée pour être traitée par un seul Ministre?

2/ Ne serait-il pas temps de redonner une réelle valeur à ce que l'on appelle communément « le petit Patrimoine », qui est pourtant celui qui fait le charme et l’intérêt de nos beaux paysages de France, celui de nos territoires souvent oubliés par nos instances parisiennes et qui, pourtant, contribue au rayonnement touristique du pays ?

3/ Consciente que l'état ne pourra pas engager toutes les sommes nécessaires à la restauration des édifices en grand péril, il faudrait davantage d'implication et de mobilisation citoyenne. Pour se faire, il faut donner un peu plus de pouvoir aux associations locales ou nationales, grandes ou petites, qui bien souvent peuvent réaliser de grandes choses.

4/ En terme de démolitions, la « veille » de l'état doit être plus approfondie, car si certains Architectes des Bâtiments de France font un travail formidable, dans bien des cas ils ne peuvent pas intervenir, ou simplement à titre consultatif, et laissent toute latitude aux élus «démolisseurs », peu sensibles au Patrimoine de leur commune. Il serait là aussi judicieux de rendre obligatoire une concertation publique, afin que les administrés puissent faire entendre leur voix, s'agissant de la destruction d'un bien commun (de nos jours, on se demande quand même quelles sont réellement les missions de la DRAC, du moins s’agissant de l’abandon des patrimoines protégés, et bien entendu, des démolitions).


5/ Ne pas hésiter à encourager et développer toutes les initiatives éducatives et de sensibilisations à la fois auprès des élus, ainsi qu'auprès des jeunes, qui seront les futurs acteurs de la sauvegarde du Patrimoine.

6/ Le Patrimoine ne se limitant pas au bâti, une cause importante est à mettre en lumière, celle de la transmission du geste et du savoir-faire. C'est en redonnant le goût de la transmission aux jeunes générations que nous sauvegarderons des savoir-faire inégalés, qui contribuent également au rayonnement de notre pays et peuvent créer des milliers d’emplois. (sur ce sujet, des dispositifs sembleraient être mis en place… à suivre).

7/ Il existe des mesures simples à mettre en place pour trouver des sources de financements supplémentaires, en passant par la fiscalité, car certaines mesures pourraient aisément encourager le monde de l'entreprise et les classes aisées à agir davantage pour cette cause (et pas seulement pour les grands édifices).

Le sujet est si vaste qu'il pourrait y avoir cent mesures toutes aussi importantes, chaque acteur de la sauvegarde du Patrimoine, grand ou petit, institutionnel ou simple citoyen pouvant apporter sa « pierre à l'édifice ».

En revanche, il est un « détail » à ne pas négliger : 2018 sera l'Année Européenne du Patrimoine Culturel, il est à mon avis urgent d'agir, afin d'affirmer la position de la France par rapport à ce sujet, qui rappelons le, concerne et préoccupe bon nombre de nos concitoyens. (Preuve que le patrimoine n’intéresse pas vraiment l’État puisque qu’en France, il n’y a pas eu de grandes actions en rapport avec cet événement).

Le Patrimoine est l'ADN même de notre pays, il doit retrouver sa place dans les grands dossiers de l'Etat !

« Le Patrimoine ne peut pas lutter. Ensemble, nous pouvons ».


Où en sommes-nous 3 ans après?

Il est évident que nous ne sommes pas plus avancés, et l'on peut même dire que nous avons régressé.

Pour conclure, on peut aujourd’hui confirmer que le patrimoine reste un grand oublié des causes publiques, alors qu’il est un des principaux vecteurs économiques et touristiques de notre pays.

Jusqu’à quand?

Alexandra Sobczak-Romanski
Présidente d’Urgences Patrimoine

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Crédits photographiques
Photo 1 :
Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
Photo 2 : Gallica
Photo 3 :
Ouest France
Photo 4 : Urgences Patrimoine


Actu Lille : démolition imminente de la chapelle Saint-Joseph !



Jusqu’alors nous ignorions la date de démolition de la chapelle Saint-Joseph à Lille.

Grâce au remarquable travail de la journaliste Anne-Sophie Hourdeaux qui a pu pénétrer dans les lieux et rencontrer des acteurs du projet « Camplus », nous savons maintenant que les jours de l’édifice sont comptés.

Plus que jamais, la mobilisation doit continuer pour dire NON à ce projet de démolition et obtenir de Monsieur le Ministre de la Culture la mise sous protection d’urgence que nous demandons.


Cet article détaille le projet et il est important de le lire.

Lire
l’article de Lille Actu ICI.

Un grand merci à la presse qui nous aide à donner de la visibilité à l’action d’Urgences Patrimoine et qui permet d’appuyer notre démarche de sauvegarde, et un merci tout particulier à Anne-Sophie Hourdeaux pour son article, ses photos et sa vidéo.

Si vous aussi souhaitez sauver cette chapelle, faites entendre votre voix en
signant la pétition ici.

Nous contacter :
urgences.patrimoine@gmail.com
contact@lagazettedupatrimoine.fr

Pour faire un don et nous accompagner dans ce difficile combat, rejoignez-nous ICI.

D’avance merci.

« Le patrimoine ne peut pas lutter, ensemble nous pouvons »

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Crédits photographiques : Anne-Sophie Hourdeaux- Lille Actu/Croix de Lille

Patrimoine : l’union fait la force



Ce premier jour de juin sera marqué par l’union de deux volontés au service du patrimoine. Loin de ceux qui ont fait du patrimoine un business et qui, donc, préfèrent l’argent aux pierres, il existe des personnes réellement engagées pour le patrimoine et notamment pour le « petit patrimoine ».

Urgences Patrimoine œuvre depuis six ans pour le patrimoine des territoires et lutte contre ceux qui s’obstinent à vouloir le faire disparaître. Faire « la guerre aux démolisseurs » est une tâche difficile et peu lucrative, car rares sont ceux qui mesurent le travail qu’il faut accomplir pour ce genre d’actions.

Mais peu importe si cela ne rapporte que des critiques, l’essentiel étant le résultat. Un jour peut-être, s’opèrera une réelle prise de conscience et on se rendra compte qu’il vaut mieux donner à ceux qui luttent, plutôt qu’à ceux qui se payent des campagnes de communication hors de prix ou qui entretiennent leur coûteux sièges sociaux avec une partie de l’argent des donateurs. Mais c’est un autre débat.

Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de plaisir que nous annonçons notre partenariat avec les « petits nouveaux » de la sauvegarde du patrimoine : l’association « French Baroudeur ». Ils sont jeunes et plein de talents et — surtout — ils ont une étique identique à la nôtre : « Servir le patrimoine et non s’en servir ». Et servir le patrimoine, c’est le faire rayonner, partout sur notre territoire aussi bien sur le plan culturel qu’économique.

Ce qu’il manque à Urgences Patrimoine, ce sont surtout des images et, dans ce domaine-là, Bertrand Viaud et Junior Brichard, respectivement Président et Directeur de « French Baroudeur », sont maîtres dans l’art de la vidéo. Ils ont déjà entrepris un énorme travail de numérisation du patrimoine en créant (enfin) la première base de données en ligne dédiée, en reprenant notamment la base Mérimée et en réactualisant ses contenus, parfois erronés ou obsolètes, et surtout en la rendant plus « vivante ».

À l’heure de l’image et du numérique, il était temps. La valorisation du patrimoine par l’image n’est certes pas une nouveauté en soi, mais la rendre accessible à tous est une vraie valeur ajoutée. Ainsi, même les plus petits porteurs de projets pourront avoir accès à ce genre de prestations et contribueront en même temps à inventorier notre cher « petit patrimoine », le grand oublié des grandes structures associatives.

Dans toute union, chacun doit apporter ce que l’autre n’a pas, donc si French Baroudeur apporte à Urgences Patrimoine un souffle nouveau et un savoir-faire numérique sans pareil, Urgences Patrimoine offre à French Baroudeur la visibilité réseaux dont ils ont besoin pour se faire connaître rapidement, La force de communication à travers La Gazette du Patrimoine, une expérience et une expertise avérées de l’univers impitoyable de la sauvegarde du patrimoine (ce qui peut être fort utile pour éviter certaines déconvenues) et des idées qui pourront être mutualisées afin d’œuvrer toujours plus en faveur de notre mémoire collective.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » et c’est en nous souvenant de cette petite phrase que nous avons immédiatement répondu présents à la demande de partenariat de cette jeune association pleine de promesses. Nous ne serons jamais « concurrents », même si nos deux structures gardent leur totale indépendance, mais nous seront toujours alliés.

N’oublions pas que pour gagner une guerre, même une grande armée a besoin de soldats venus d’ailleurs et pour mener cette guerre aux démolisseurs et à ceux qui pensent que le patrimoine est une cause mineure, tous nos alliés seront précieux et nous sommes heureux aujourd’hui d’accueillir dans nos rangs ces jeunes et dynamiques « soldats » du patrimoine.


Pour en savoir plus, voici « l’histoire » et les missions de French Baroudeur


« Nous sommes au mois de juin 2019, Bertrand, comme beaucoup de Français, se balade au cœur de la Dordogne afin de profiter des nombreux sites historiques qu’offre la région. Au cours de ses visites, il discute avec de nombreux gestionnaires de sites qui lui font part de leurs difficultés. Ces difficultés ne sont pas qu’économiques. Aujourd’hui, ces gestionnaires doivent cumuler plusieurs casquettes : communication, événementiel, accueil, scénographie, histoire, administration, recherche de fonds, etc. une vie ne suffirait pas pour tout faire…

Une idée émerge alors dans l’esprit de Bertrand, il faudrait pouvoir décharger ces propriétaires et gestionnaires d’une partie de leurs tâches. Il faudrait créer une association qui soit capable de réaliser toute une série de prestations pour eux. Mais, en même temps, il faut que cette aide soit la moins coûteuse possible afin de ne pas mettre en difficulté l’équilibre financier, parfois fragile, des sites. Cette association doit donc pouvoir proposer un panel extrêmement large de prestations pour un prix défiant toute concurrence. Le but est d’aider et non de profiter ou de s’enrichir sur le dos de ces personnes qui vouent leurs vies à la défense du patrimoine français.

La solution est là ! Il faut mutualiser les moyens humains et matériels sur l’ensemble du territoire français afin de diminuer les coûts au maximum. La seconde étape sera de trouver des financements privés (crowdfunding, fundraising) afin de permettre à l’association de subvenir à ses besoins et ainsi proposer des prestations gratuites pour les sites ne disposant pas de moyens financiers.

French Baroudeur est né !


Après s’être entouré des différentes compétences nécessaires (historien, informaticien, graphiste, etc.) pour répondre à toutes les demandes, French Baroudeur est parti à la rencontre d’une série de sites historiques connus et moins connus afin de commencer son travail de collecte.

Dans le même temps, French Baroudeur, a développé son site public regroupant les fiches historiques et vidéos aériennes des monuments, et surtout sa plateforme collaborative. Cette plateforme est unique en France. Elle se veut être un véritable réseau social et outil de travail pour les amoureux du patrimoine, mais surtout, ce qui est une première, elle met à disposition du grand public une base de données regroupant toutes les numérisations, reconstructions 3D, animations et visites virtuelles effectuées par l'association.

Nous aurons besoin de l’aide et du soutien de tout le monde, c’est pourquoi nous sommes à votre écoute si vous avez une idée, un contact, une source de financement, etc. Votre aide nous sera précieuse pour aider l’association à se développer et à aider toujours plus de sites historiques ! »

Consultez le PDF complet de présentation de l’association.
French Baroudeur en images ICI

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Photo 1-3-4 : Claire Brossier
Photo 2 : Fabien Filippi








Un Geste à l’Édifice pour le Pont de Lissart


Tout le monde peut faire « Un Geste à l’Édifice », car tout le monde à des compétences variées, et le patrimoine a besoin de l’implication de tous, même si cette implication est occasionnelle. Un bel exemple de « geste », avec celui de Sophie Brossier qui il y a quelques semaines a répondu présente à notre appel pour réaliser un projet de ce que pourrait être le Pont de Lissart, avec un espace aménagé autour.

En effet, c’est ce genre de visuel qui manquait à l’association de sauvegarde locale afin de présenter et de proposer un avenir pour ce patrimoine, une fois restauré. Ce dessin est peut-être un détail pour certains, mais il est important pour le projet.

Alors quelques lignes sur cette bienfaitrice d’un jour, qui a mis son savoir-faire au service de ce joli patrimoine de nos territoires, s’imposaient. Nous nous faisons un devoir de la présenter.


Claire Brottier est architecte diplômée d'état. Après 5 ans en agence d'architecture, elle a eu l'opportunité de créer son entreprise et de se consacrer à l'une de ses passions : le dessin. En parallèle de projets d'architecture d'intérieure, elle a développé son activité et propose de nombreuses illustrations.

La plupart sont inspirées du patrimoine architectural français (opéra Garnier à Paris, l'église Saint-Jean de Malte à Aix-en-Provence ou encore la très belle gare Sainte Lazare à Paris). De par sa formation d'architecte, Claire Brottier est particulièrement attentive aux détails architecturaux des bâtiments. Elle cherche dans ses croquis, à "restaurer" ces bâtiments, qui font partie du patrimoine national et de nos mémoires collectives.

Et à la question pourquoi avoir répondu à cet appel, elle répond :

Je cherche dans mes croquis, à "restaurer" les bâtiments qui font partie du patrimoine national et de nos mémoires collectives. C'est donc naturellement que j’ai proposé mes services à titre bénévole pour illustrer le pont de Lissart et ses futurs aménagements.

Le site, riche en histoire, m’a tout de suite conquise par son authenticité. C'est une manière pour moi, d'apporter ma petite pierre à l'édifice et de montrer mon admiration à tous les gens qui participent à la sauvegarde de ce patrimoine. J’espère sincèrement que ce pont sera promis à une belle restauration et à un bel avenir touristique.

Contact : Claire BROTTIER 
Atelier MB | Architecture d'intérieur
site:  
htpp://www.atelier-m-b.com
email:  
claire@atelier-m-b.com


En savoir plus sur le projet du Pont de Lissart :
http://lagazettedupatrimoine.fr/page-19/

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Photo 1-3-4 : Claire Brossier
Photo 2 : Fabien Filippi




Parc du Château de Ferrières en danger : le combat continue !


Nous avions déjà évoqué le triste sort du parc du Château de Ferrières et du projet immobilier qui doit défigurer ce site remarquable protégé au titre des monuments historiques.

Lire notre précédant
article ICI

L’association qui se bat pour sa sauvegarde vient d’être déboutée par le Tribunal Administratif, suite au référé qu’elle avait déposé, le juge ayant considéré la requête hors délais. Voici donc le communiqué de presse de l’association qui donne toutes les précisions nécessaires afin de mieux comprendre les choses.

Ils ont perdu une bataille, mais pas la guerre, le combat continue donc pour dire non à la défiguration du parc de Ferrières.



R.E.N.A.R.D.
Rassemblement pour l’Etude de la Nature et l’Aménagement de Roissy-en-Brie et son District
Association loi 1901 créée le 24 novembre 1978, siège en Mairie 77680 Roissy-en-Brie
Agréée de Jeunesse et d’Education Populaire sous le n° 77 JEP 03 302 R 88
Agréée de protection de l’environnement pour la Région Ile-de-France (article L.141-1 du Code de l’Environnement)
Habilitée à prendre part au débat sur l’environnement pour la Région Ile-de-France dans le cadre d’instances consultatives
(Article L.141-3 du Code de l’Environnement)
N° SIRET : 39070756000012

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le parc et le château de Ferrières en danger :

Le Tribunal Administratif rejette le référé suspension demandant l’arrêt des travaux.

Le 25 mai 2020, le tribunal administratif a rejeté la demande de référé suspension de l’association R.E.N.A.R.D., agissant également pour le compte de certains riverains de Ferrières-en-Brie. Le RENARD demandait l’arrêt immédiat des travaux engagés pour la construction d’un hôtel 5 étoiles dans le parc du château de Ferrières.

Comme nous l’avions dit dans notre premier communiqué de presse, ce projet menace la qualité historique, paysagère et la biodiversité du site, pour laquelle le parc a été classé Monument Historique et Site Naturel Inscrit.
Le Tribunal a jugé que nous étions hors délai pour un recours, l’affichage ayant débuté, d’après les parties adverses, le 21 janvier 2019, date faisant courir le délai de recours de 2 mois, si l’affichage dure deux mois. Des constats d’huissiers ont été demandés par le bénéficiaire et permettent d’attester l’affichage des panneaux les 5 et 21 février 2019, les 8, 15 et 22 mars 2019, le 23 avril 2019 et le 21 mai 2019. Mais nous savons que l’affichage de l’autorisation de travaux n’a été réalisé que de façon épisodique, uniquement lors des constats d’huissier !

Ajoutons que la mairie s’est gardée de communiquer sur le projet lorsqu’elle a donné son accord en décembre 2018, malgré l’ampleur et la nature du projet qui concerne tous les français.


Or, l’association R.E.N.A.R.D. n’a pu entamer une procédure au tribunal administratif qu’à partir du moment où elle a été informée du projet : c’est-à-dire lors du début des travaux d’abattage des arbres mi-mars 2020 (plus d’un an après l’affichage ponctuel et insuffisant de l’autorisation de travaux).

Par cinq fois dans l’année 2019, nous sommes allés observer le château sans y constater un affichage de ce type.

En outre, l’affichage de l’autorisation de construction de l’hôtel au premier trimestre 2019 aurait alerté les riverains qui nous auraient alors contactés. Nous aurions donc déclenché dans les délais raisonnables, voire impartis, les procédures nous permettant de contester cette décision. Nous doutons donc de l’affichage continu du panneau et recherchons des personnes pouvant attester de l’absence d’affichage sur cette période – si possible avec photo datée et géo-localisée.

Néanmoins, l’affaire n’est ni close ni perdue. Les requêtes déposées nous auront permis d’accéder au dossier complet du projet, celui-ci étant joint au mémoire en intervention produit le 4 mai 2020 par la partie adverse, sans passer par la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, dont le délai de réponse est plutôt long actuellement.
Aussi, nous ne comptons pas en rester là. Si le Tribunal Administratif a rejeté notre recours, il lui reste à juger l’ensemble des moyens. Nous allons étudier le dossier du projet afin d’argumenter sur l’illégalité de celui-ci et les éléments manquants du dossier. Nous pourrions déposer une nouvelle requête en référé suspension, si des travaux de construction commençaient.

Ferrières-en-Brie, le 31 mai 2020
Par Philippe ROY, Président de l’Association R.E.N.A.R.D. et son conseil d’administration


R.E.N.A.R.D. :
Site :
http://www.renard-nature-environnement.fr
Mél :
association-renard@orange.fr
01 60 28 03 04 – 09 72 52 59 63 
Adresse Postale et Accueil :
Association R.E.N.A.R.D.
Résidence Le Bois Briard
3 rue des Aulnes
77680 ROISSY-EN-BRIE
Membre du GRAINE Ile-de-France, travaille avec FNE Ile-de-France et France Nature Environnement (FNE)

Lire l’article ICI.

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Crédits photographiques :
Photo 1 : Association R.E.N.A.R.D
Photo 2 : École de Ferrières
Photo 3 : DR pour Évasion FM