Béziers : 4 maisons menacées de démolition pour permettre l’accès à une nouvelle résidence


Depuis plusieurs années, la ville de Béziers a engagé une politique de restauration de son habitat ancien afin de rendre son cœur de ville attractif, en favorisant la réoccupation de logements vacants. Le conseil municipal de la ville de Béziers a notamment approuvé en 2008 les objectifs poursuivis par la convention pluriannuelle du Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés (P.N.R.Q.A.D) : rénover le bâti existant, améliorer la qualité de vie, renforcer l’attractivité commerciale, restaurer la confiance et le bien-être, etc.

C’est dans ce contexte, que l’Association pour la Protection du Patrimoine Biterrois (APPB), fondée en septembre dernier, a, parmi ses objectifs, la volonté profonde de s’assurer de la qualité des futurs aménagements qui seront engagés pour le bien-être des biterrois et de leur patrimoine architectural (privé ou public) et historique.

Le projet qui nous occupe, est situé dans le Site Patrimonial Remarquable de la ville de Béziers (235 hectares). En janvier 2019, le journal municipal de la ville de Béziers met en avant une première esquisse d’une future résidence dans le quartier Saint-Jacques : 59 logements contemporains dessinés par un architecte de renom, le montpelliérain François Fontès.


Sur le fond, il est difficile de s’opposer au projet. Le quartier a besoin d’être redynamisé et cette construction vient s’implanter sur un ancien îlot vétuste détruit en 2015, il faut donc requalifier cet espace. Le bât blesse en ce qui concerne l’accès à ces futurs appartements. Il est prévu de faire monter les voitures par la rue de la Tible, une rue étroite, en pente et peu adaptée à la circulation. Pour faciliter l’accès aux futurs propriétaires, 4 maisons vont alors être détruites ! A l’origine, une seule maison était concernée. Ces démolitions sont prévues dans les semaines qui viennent alors qu’aucun permis de construire n’a encore été déposé pour l’immeuble en question.

Pourtant d’autres possibilités existent, que ce soit par la rue des Capucins ou le boulevard Jean Macé. Pour la mairie, cette perspective n’est pas réalisable. Effectivement, cela ne l’est pas si le projet reste tel quel… mais on préconise seulement de repenser l’accès aux parkings.
Ce quartier a déjà subi moult dégradations du même type par le passé, encore récemment, avec des résultats peu probants, il faut l’avouer (voir photo ci-dessous).


Il est fondamental que les projets immobiliers, quels qu’ils soient, s’adaptent à leur environnement urbain, architectural et historique, et non l’inverse. Dans le cas présent, on ne respecte pas ce « principe ». Qui plus est, l’avis des habitants du quartier n’a jamais été pris en compte alors que ceux-ci sont les premiers concernés.

Aujourd’hui, cette tribune offerte par La Gazette du Patrimoine, permet de témoigner de cette situation qui n’est pas isolée à Béziers et en France. Au nom de la qualité de vie et de la modernisation nécessaire, on justifie bien trop régulièrement la destruction. Cela témoigne de l’absence d’une véritable politique à l’échelle des quartiers. Ces derniers doivent être délimités, puis requalifiés dans leur ensemble, pour conserver une unité et une authenticité. Il est également fondamental de faire émerger une vision partagée pour le bon devenir d’un territoire.

En 2020, au sein de son Site Patrimonial Remarquable, à moins de 500m de deux Monuments Historiques que sont la cathédrale Saint-Nazaire et Saint-Celse et l’église Saint-Jacques, aux abords de la Via Domitia, il est aberrant de voir la ville prendre une telle décision. Un équilibre architectural et pittoresque de cet ancien quartier risque d’être rompu pour faciliter la circulation automobile d’une « nouvelle population » qui ne vit pas actuellement dans cet endroit et de fait n’y est pas attachée. Comme mis en avant dans le journal de la ville, « ce qui se fait de mieux » — la « modernité » et « un architecte de renom » — ne doit pas devenir un argument pour se débarrasser d’un patrimoine laissé à l’abandon depuis des décennies. Il est à noter que des maisons similaires non loin de là ont été préservées et restaurées. Il faut donc assumer l’héritage des précédentes municipalités et relancer une réelle politique d’aménagement urbain pour le bien de la population et non pour des intérêts privés.

Hadrien Ginouvez
Président de l’Association pour la Protection du Patrimoine Biterrois (APPB)

Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Crédits photographiques : APPB

Gratuit mais pas fortuit 


En cette période de confinement, un grand nombre de médias en ligne vous permettent d’accéder à leurs contenus gracieusement. Et, vous l’aurez remarqué, même les grands institutionnels de la défense du Patrimoine choisissent, eux-aussi, de donner à lire quelques-unes de leurs pages sans bourse délier. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, et nous ne pouvons qu’apprécier cette soudaine « générosité », même si, dans de nombreux cas, l’opération reste foncièrement commerciale et obéit à la stratégie bien connue de « l’échantillon gratuit ».

La Gazette du Patrimoine n’a rien à « offrir » de plus en ce moment à ces nombreux lecteurs, puisque l’ensemble de nos articles, aussi bien ceux de la Gazette mensuelle que nos flashs quotidiens, sont depuis notre première publication de janvier, en accès libre.

Certains diront que la gratuité n’est pas « un modèle économique ». Certes, mais à partir du moment où l’on fait le choix de défendre une cause et d’en faire sa promotion, il n’est pas question de restreindre son accès. Car faire payer nos contenus serait, une fois encore, faire une différence entre ceux qui ont les moyens et ceux qui ne les ont pas. Cela signifierait, une fois encore, que le patrimoine est une cause élitiste pour « riches », alors que depuis des années nous nous battons pour qu’il soit considéré enfin comme un sujet populaire et accessible à tous.

Il est bien évident que, pourtant, de l’argent, il en faut un peu. Alors c’est la raison pour laquelle nous comptons sur les petits dons de nos lecteurs qui peuvent faire un geste et, bien entendu, sur les entreprises qui auront le bon sens de sponsoriser
La Gazette du Patrimoine, afin d’offrir à tous ceux qui le souhaitent la possibilité d’avoir toujours accès à nos informations. Être sponsor de La Gazette du Patrimoine, c’est devenir en même temps un acteur de la sauvegarde de notre mémoire collective. Car la cause du patrimoine, afin d’être défendue, doit être connue du plus grand nombre. Restreindre son accès, c’est restreindre la possibilité de la défendre.

Nous sommes conscients qu’avec une économie ralentie, nous peinerons à trouver des soutiens dans les semaines à venir. Oui, la chose est entendue, nous ne sommes pas « un modèle économique ». C’est un fait : mais nous aspirons avant tout, et depuis le début, à devenir « un modèle civique et éthique ». Notre gratuité ne correspond pas à un « moment » aussi soudain qu’opportuniste, mais à un enthousiasme forcené et à notre envie de « répandre la bonne parole » en faveur de la cause que nous défendons.

Vous souhaitez nous accompagner dans notre démarche altruiste en faveur du patrimoine ?
Contribuez en cliquant sur
le lien ici.
Vous souhaitez devenir sponsor et entreprise solidaire du patrimoine ? Cliquez sur
le lien ici.

Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.



« Comment informer sur le patrimoine en étant confiné ? » RCF donne la réponse


Cette question était le sujet d’une émission sur RCF, où un grand reporter du
Pèlerin Magazine était interviewé dans le cadre de la rubrique « Patrimoine » de l’émission « La Matinale ». C’est par hasard que nous avons découvert cet article et l’interview de Philippe Royer-Gaspard.

Voilà ses « tuyaux » pour rester informé :

« D’autres nouvelles m’arrivent aussi par La Gazette du patrimoine, un journal numérique mensuel tout jeune, né en janvier dernier, et qui en est à son troisième numéro. Ce journal a été fondé par une véritable passionaria de la sauvegarde du patrimoine, Alexandra Sobczak, créatrice de l’association Urgences Patrimoine. C’est une affective, elle a son franc parler et ferraille tout azimut, ce qui ne lui vaut pas que des amis dans le petit monde du patrimoine. Dans l’éditorial de la dernière édition de sa Gazette, elle raconte qu’elle reçoit depuis la mi-mars des tombereaux de mails plus ou moins agréables, pour lui reprocher de s’occuper des pierres et pas des hommes, en ces temps d’épidémie. D’aucuns s’insurgent même que de l’argent puisse encore aller à la sauvegarde de monuments plutôt qu’aux hôpitaux. La seule chose que nous pouvons faire pour aider ceux qui se battent 24 heures sur 24 pour sauver des vies, c’est de rester chez nous, répond-elle en substance. Mais rester chez nous ne signifie pas rester inactif. Nous avons fait le choix de continuer à faire ce que nous savons faire : donner un avenir à des édifices qui seront source de travail pour des artisans qui sont aujourd’hui confinés chez eux, souvent sans ressources, et qui seront heureux de se remettre à l’œuvre dès que cela sera rendu possible. »

Voilà qui résume bien les choses.

En lisant l’intégralité de cet article Philippe Royer-Gaspard fait également allusion à Louis-Guillaume Piéchaud, orfèvre liturgique, que nous vous avons présenté dans notre
Gazette du mois de mars. (lire notre article : http://lagazettedupatrimoine.fr/page-55/)

C’est un honneur pour nous d’être cités comme référence par de grands professionnels et c’est surtout un bel encouragement en ces temps troublés, où le patrimoine peine à trouver encore une place.

Alors merci à Philippe Royer-Gaspard et merci à RCF.

Lire l’article et écouter l’interview de
RCF

Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Illustration : Edwaert Collier (Dutch, Breda ca. 1640?–after 1707 London or Leiden), Vanitas Still Life, 1662. Oil on wood, 37 x 44 1/8 in. (94 x 112.1 cm). Purchase, 1871, 71.19 © 2000–2017 The Metropolitan Museum of Art.


Une partie des collections du Louvre bientôt transférée au Mucem


La direction du Musée du Louvre organise déjà « l’après » confinement et souhaite voir diminuer sensiblement le nombre de visiteurs. C’est pour cette raison qu’une partie des œuvres majeures du plus célèbre musée du monde va être transférée au Mucem, à Marseille.

La
Joconde, notamment, mais également la célèbre Liberté guidant le peuple ou la Victoire de Samothrace prendront, dès le 15 mai, leurs « quartiers d’été » dans la Cité Phocéenne, pour une durée indéterminée. Ce transfert a également pour but de désengorger la capitale et d’amener les touristes à se rendre beaucoup plus en province.


Sur le modèle du Louvre, d’autres musées parisiens devraient suivre prochainement cet exemple, comme le Petit Palais, qui est en train d’organiser le transfert de ses œuvres impressionnistes au Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Les touristes amateurs d’œuvres d’art se voient offrir là une belle « excuse » pour visiter notre belle France des territoires, et redonner un peu de souffle à son économie.

Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Crédits photographiques :
Photo 1 :
La Gazette du Patrimoine
Photo 2 : Mucem-St Jean Lamy

Ohé, ohé patrimoine abandonné !

Encore un article qui va déranger les populations confinées et hermétiques à tout autre sujet que le virus qui nous touche. Mais essayons de nous entendre dans cette période qui devrait être une période de fraternité et d’apaisement permettant de supporter l’insupportable et, surtout, essayons de penser qu’il y aura un « après ».


Un « après », c’est ce qu’attend le maire de La Chapelle-Saint-Mesmin, en se désolant de l’état d’abandon d’un élément du patrimoine architectural de sa commune et qui appartient au Centre Hospitalier. Cet édifice qui faisait office d’EHPAD jusqu’en 2018 est désormais fermé et régulièrement squatté.

Sa vente à un promoteur avait été envisagée dès sa fermeture, mais pour le moment, visiblement, aucun projet de rachat n’a abouti. Même si les issues ont été condamnées, cela n’empêche pas les squatteurs de saccager régulièrement les lieux. Si une solution rapide n’est pas trouvée, que restera t-il de « l’ancien séminaire » ? Pas grand-chose à priori, car l’ensemble est déjà fort dégradé.


En pleine épidémie de corona virus, la direction de l’hôpital a d’autres préoccupations que l’avenir de son patrimoine bâti, et c’est bien légitime. Mais une fois cette crise passée, il faudra peut-être songer à sauvegarder cet élément de la mémoire collective. D’ailleurs, il n’y a, hélas, pas qu’à La Chapelle Saint-Mesmin que les hôpitaux n’ont que peu d’inclination pour leur patrimoine bâti. Il suffit de se rappeler le triste sort du presbytère de Mamers.

Lire l’article.

Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Sources : La Nouvelle République du Centre 
Crédits photographiques : Pascal Proust

Ne pas sauver les pierres, est-ce sauver les hommes ?


En ces temps troublés, nous assistons à un déferlement de haine sur les réseaux sociaux, à partir du moment où les causes défendues ne sont pas en rapport avec le corona virus.

Nombreux sont ceux qui crient à l’indécence, à l’ignominie et qui voudraient voir pendus haut et court ceux qui ont décidé de continuer à s’investir dans la cause qui est la leur.

Nous, les « sauveurs de mémoire », respectons tous ceux qui œuvrent pour le bien des hommes et qui s’exposent au péril de leur propre vie un peu plus chaque jour. Nous admirons tous les acteurs qui jouent un rôle déterminant pour sauver nos vies et mais également ceux qui nous permettent de vivre au quotidien. Nous les admirons, parce que nous sommes conscients que, sans eux, les choses seraient bien pires et nous les admirons d’autant plus que nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, impuissants, parce que notre fonction dans la société n’est pas en rapport avec les urgences du moment.

Nous sommes donc contraints d’assister passivement à leur héroïsme. La seule chose que nous pouvons faire pour les aider, c’est de rester chez nous. Mais rester chez nous ne signifie pas rester inactif.

Nous avons donc fait le choix de continuer à faire ce que nous savons faire, mais en culpabilisant.

« Les hommes pourront reconstruire des châteaux, mais les châteaux ne sauveront pas des hommes ». Cette phrase nous a été adressée, mais elle nous semble totalement hors-sujet. Car les hommes qui essaient de sauver des châteaux ne peuvent rien faire pour sauver les hommes. Faut-il les condamner pour autant ?

Nous avons lu aussi : « Monsieur Bern n’a qu’à donner l’argent qu’il récolte pour le patrimoine au personnel soignant. » De l’argent, il en faut pour tout et il n’y en a jamais assez. Mais nous n’en avons pas demandé. Seulement, le simple fait de parler d’autre chose que de virus est visiblement une atteinte au respect du personnel de santé.

Alors pour nous « déculpabiliser », ce matin, nous avons interrogé deux médecins, dont un qui est probablement touché par le virus.

À la question « trouvez-vous indécent de continuer nos actions en faveur du patrimoine, pendant que vous êtes submergés de travail ? » Voici leurs réponses.

Docteur Olivier K :

« Moi ça ne me choque pas du tout. La vie ne s’arrête pas, parce qu’il y a le corona. »

Docteur Henry M, médecin urgentiste :

« La vie ne s’arrête pas aux hôpitaux, bien heureusement, et il est indispensable de maintenir ses activités propres lorsqu’elles sont autorisées. Aussi, je ne vois vraiment pas ce que l’on peut reprocher à ceux qui défendent le patrimoine. Il faut qu’ils continuent leur engagement comme ils l’ont toujours fait, avec passion et dévouement. Les atrabilaires et autres pisse-menus de la première heure seraient bien plus inspirés de fermer leur g... Mais hélas, on ne peut rien contre la bêtise humaine... »

Parce que nous sommes vivants, il est important de continuer à faire ce que nous savons faire et quand nous avons la chance de pouvoir encore le faire.

Alors ne soyez pas vindicatifs avec ceux qui n’évoquent pas le corona virus et la maladie en permanence. D’ailleurs s’ils n’en parlent pas, c’est surtout parce qu’ils n’en ont pas la compétence. En revanche, ils ont peut-être celle de donner un avenir à des édifices qui seront source de travail pour des artisans qui sont aujourd’hui confinés chez eux, souvent sans ressources, et qui seront heureux de se remettre à l’œuvre dès que cela sera rendu possible.

Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Stéphane Bern au chevet du Château de Westhove


26 mars 2020, 20h50 :
La Gazette du Patrimoine reçoit un mail de Monsieur Stéphane Bern qui souhaite apporter son soutien au Château de Westhove : « Même si en ces temps troublés le patrimoine risque d’être délaissé, je crois qu’il est bon de ne pas baisser la garde et de tout mettre en œuvre pour le sauvegarder. »

Être unis pour une même cause, c’est décupler la possibilité de sauver ce qui peut l’être. Donc, s’unir pour donner un avenir du Château de Westhove est une marque forte d’engagement de chacun d’entre nous. À l’heure où les priorités sont ailleurs, il faut une certaine forme de courage pour défendre le patrimoine. Nous avons fait le choix de continuer nos combats en faveur de notre mémoire collective, même si nous devons essuyer les critiques de ceux qui oublient qu’il y aura un « après ».

Nous remercions donc Monsieur Bern d’apporter aujourd’hui son soutien à Urgences Patrimoine et à l’association « Élan du Château de Westhove », afin de trouver une solution pérenne à la survie de l’édifice.

Voici son message :

« 
Plus que jamais, les élus, et plus particulièrement les maires, ont une responsabilité primordiale pour la sauvegarde du patrimoine de notre pays. Ce patrimoine, c’est de la beauté à portée de tous, c’est ce qui relie chacun dans les villages à une histoire commune, c’est ce patrimoine qui est porteur de racines et de convivialité entre les habitants. Je suis indigné et révolté par l’état d'abandon du château de Westhove, pourtant inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 2011, dans l’indifférence totale des élus locaux. J’apporte résolument mon soutien total à toutes les actions citoyennes menées par Urgences Patrimoine et l’association « Élan du Château de Westhove » pour que l’on protège et sauvegarde ce trésor de notre patrimoine dans le Pas-de-Calais. Il est aussi le témoin d’une formidable aventure industrielle qui ne doit pas tomber dans l’oubli ».

Nous tenons à remercier également tous ceux qui nous ont adressé leur soutien sur les réseaux sociaux. Il semblerait que le sort de Westhove suscite bien plus d’intérêt que certains pouvaient le penser. La vague de démolition grandissante depuis quelques années n’est sans doute pas étrangère à cette mobilisation.

Nous espérons que Monsieur le Maire de Blendecques saura entendre la voix de la raison, notamment à travers le message de Stéphane Bern, et acceptera de céder l’édifice au lieu de le laisser à l’état d’abandon, voire pire, de le démolir.

Bien entendu, nous vous tiendrons au courant de nos démarches.

Si ce n’est déjà fait, merci de signer notre pétition 
ici.

Lire notre précédent article sur ce sujet.

Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Crédits photographiques :
Stéphane Bern/Elan du château de Westhove

Maire réélu = Château foutu !


À Blendecques (62), la réélection du maire sortant, Rachid Ben Amor, condamne le Château de Westhove.


Alors que l’élu prévoit la construction d’une nouvelle salle des fêtes et d’un établissement pour personnes âgées, il n’est toujours pas question pour lui de faire restaurer le Château qu’il a abandonné depuis des années. Il est important de rappeler que l’édifice est protégé dans son intégralité au titre des Monuments Historiques, depuis le 16 décembre 2011.

Nous nous interrogeons quant à la valeur de cette protection, car à quoi sert-elle et que fait la DRAC ? En théorie, le propriétaire d’un édifice protégé est contraint de faire réaliser les travaux d’entretien et de restauration. Or, dans le cas de Westhove, l’abandon du bâtiment par la commune est chose manifeste et aucune action n’est prévue à ce jour sauf celle de le raser.

Urgences Patrimoine avait contacté la personne en charge de ce dossier à la DRAC des Hauts-de-France, mais aucune réponse de sa part. Aucune réponse non plus de la part de François Decoster, pourtant fervent défenseur du patrimoine du pays de Saint-Omer. Le Château de Westhove semble désespérément abandonné de tous, même des plus hautes instances.


Une question se pose quand-même. Que Monsieur le Maire ne souhaite pas restaurer l’édifice et qu’il n’ait aucun intérêt pour le patrimoine de sa commune, c’est une chose, mais pourquoi vouloir absolument démolir ce château ? Pourquoi ne pas le vendre à quelqu’un qui saura lui donner un avenir?

Même une vente à l’euro symbolique permettrait à la commune de se « délivrer » de ce dossier, sans dépenser d’argent public. Car on nous dit que la restauration coûterait trop cher, mais on oublie souvent de parler des frais de démolition, qui sont souvent très importants.

Alors si Monsieur Ben Amor respecte ses administrés, il ne devrait pas utiliser l’argent public pour démolir un château qui dans d’autres mains, pourraient sortir de sa torpeur.

Urgences Patrimoine attendait les élections pour « relancer » les démarches pour la sauvegarde de Westhove, est espérant qu’une autre équipe municipale se mette en place, mais comme le maire sortant a été réélu, tout est à refaire et, sans doute cette fois, de façon très urgente.

N’oublions pas que cette affaire est le combat d’une association locale depuis des années et nous avons une pensée particulière pour son Président, Monsieur André Bideaux.


À l’heure où les priorités sont ailleurs, et c’est bien légitime, n’oublions pas qu’il y aura un « après » et que le combat contre les démolisseurs ne devra pas cesser.

Une pétition avait été mise en ligne, n’hésitez pas à la signer 
ici.

Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Crédits Photographiques :
Photos 1-2 :
La Voix du Nord
Photos 3-4 : André Bideaux

Quand le patrimoine est sauvé par les urnes !


Saint-Bris-Le-Vineux est un charmant village de l’Yonne où la menace de voir détruire des arbres centenaires planait depuis plus d’un an. En effet, la municipalité en place souhaitait mettre à terre les grands arbres du parc de la commune, afin d’y construire en lieu et place une école en béton, comme on les voit pousser un peu partout.


À l’heure où l’on « revégétalise » un peu partout et où l’on replante des arbres joyeusement, la commune de Saint-Bris, n’entendait pas suivre cette « mode ». Inspirée sans doute par ce que nous appelons couramment « la France des parkings », Madame le Maire n’avait rien voulu entendre des appels désespérés d’une grande partie de ses administrés, qui refusaient de voir disparaître leurs arbres et leur parc.

Mais certains pourront penser que l’éducation de nos chères têtes blondes vaut bien que l’on sacrifie quelques arbres. Sauf qu’à Saint-Bris, les enfants ont la chance et le privilège d’être « instruits » dans un château. Alors l’école en béto n’était pas vraiment utile, et le budget consacré à la nouvelle construction, aurait pu être utilisé pour faire quelques aménagements dans l’édifice multi-centenaire.


Sauf que Madame le Maire, Rachel Leblond, avait dit non ! Mais c’était sans compter sur la détermination d’une poignée « d’irréductibles Gaulois », enfin, « d’irréductibles Bourguignons », qui n’ont pas voulu se laisser faire, et ils ont bien eu raison.

Bruit sur les réseaux sociaux, articles dans la presse locale, pétition… tous les moyens ont été bons pour faire entendre leurs voix.


La partie semblait perdue et le bruit des tronçonneuses n’allait pas tarder à se faire entendre à son tour. Mais cette fois, c’était sans compter sur les élections municipales. Car quand on aime sa commune, on défend son patrimoine jusqu’au bout et, donc, on se présente contre le Maire en place.

Et quand on aime sa commune et son patrimoine, on gagne les élections !

Nos « irréductibles Bourguignons », Olivier Félix en tête, ont gagné, alors que beaucoup croyaient à leur défaite. « Une liste qui défend le patrimoine ? Mais quelle drôle d’idée. Ils ne seraient pas un peu « réacs » ces gens-là ? ».

Et bien non. On peut très bien avoir un beau projet d’avenir pour sa commune, tout en respectant son passé. Ce n’est pas être « réac » que de faire ça, c’est être respectueux de l’histoire locale, respectueux de sa terre et respectueux de ceux qui y vivent. Alors, nous ne pouvons que dire bravo à ceux qui n’ont jamais baissé les bras et qui sont aujourd’hui récompensés.

Les urnes ont parlé, le patrimoine de Saint-Bris est sauvé !


Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Crédits photographiques :
Photo 1 : S’unir pour un village d’avenir Saint-Bris Bailly 2020
Photo 2-3-5 : Saint-Bris Bailly Patrimoine
Photo 4 : Philippe de Coninck

Comme un parfum de démolition

Alors que la SNCF a lancé la très belle opération « 1000 et une gares », nous sommes extrêmement surpris de ce qui se passe aujourd’hui à Landas, dans le Nord de la France.


C’est l’histoire d’une petite gare qui, depuis 1990, était une maison d’habitation. Les locataires ont eu la mauvaise surprise de recevoir un courrier les sommant de quitter les lieux en janvier. Le motif ? L’édifice serait trop près des voies et, donc, ne répondrait pas aux normes de sécurité.

Sauf que les voies ont toujours été à la même place, et cela n’avait jamais inquiété personne.
Interrogés par le journal
La Voix du Nord, les locataires font part de leur stupéfaction.

« Ils ne comprennent pas pourquoi la SNCF leur a demandé de quitter les lieux. Pendant plus de trente ans, l’ancienne gérante du point d’arrêt, Annie Deprest, a habité la maison de chemin de fer de Landas avec son époux et l’a entièrement réhabilitée. Mais ils ont dû rendre les clés en janvier.

Elle ne leur appartenait pas, mais c’était comme leur maison, la gare de Landas. Annie Deprest y a emménagé avec son époux, Michel, et leurs deux enfants en 1986, alors qu’elle débutait comme gérante de point d’arrêt. En trente ans, ils ont presque tout rénové à l’intérieur des murs vieux de 1870, alors qu’ils n’étaient que locataires. L’envie de se sentir chez eux.

Puis vient la retraite d’Annie à l’été 2018, avec une bonne douche froide dans la foulée : « J’ai reçu un courrier de la SNCF dans les semaines qui suivaient pour me demander de quitter la maison, explique-t-elle la gorge encore nouée. Je n’en revenais pas, ils disaient que la maison ne répondait pas aux normes de sécurité car elle était trop proche des rails, et qu’ils ne pouvaient pas la céder à un tiers. » N’étant pas propriétaires, et le bail n’étant rattaché qu’à un contrat de travail, comme une sorte de logement de fonction, leur surprise peut toutefois surprendre. »


Sauf qu’après leur départ, il n’y aura pas de travaux et personne n’habitera plus ici. Que va devenir ce petit édifice vieux de 170 ans ? Il finira sans doute sous les pelleteuses, même si pour le moment la SNCF s’en défend. Mais soyons lucides. Si la gare est jugée dangereuse par la proximité de ses voies, elle n’a aucun avenir, et ne fera pas partie des 1001 gares réhabilitées.

Pourtant ce lieu était hautement symbolique, puisque sa construction coïncidait avec l’inauguration de la première ligne Lille-Valenciennes en 1870.


Que les amoureux du patrimoine ferroviaire se rassurent, il leur restera toujours de vieilles cartes postales et ils pourront même acquérir une réplique de la gare de Landas sur
un site spécialisé dans la vente de maquettes, à destination des collectionneurs de trains miniatures.

Vous avez aimé cet article ?
N’hésitez pas à soutenir
La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Crédits photographiques : La Voix du Nord