Démolition du Presbytère de Mamers : une réunion pour un espoir



Samedi 11 juin, les principaux acteurs du collectif de sauvegarde de l’ancien presbytère de Mamers étaient conviés par Vincent Gomas, premier adjoint au Maire de la commune en charge du patrimoine, afin d’évoquer l’avenir de l’édifice toujours menacé par le projet de démolition de son propriétaire, le Centre Hospitalier Intercommunal Alençon-Mamers.


En effet, le « CHIC » souhaite démolir le presbytère depuis de nombreuses années afin de procéder à une éventuelle extension du foyer pour personnes âgées qui se trouve juste derrière. Pourtant, l’établissement, qui est fortement endetté, n’a pas forcément les moyens de ses ambitions, mais il s’obstine à vouloir détruire cet emblématique témoin de l’histoire locale.

Il y a un peu plus d’un an, la démolition avait d’ailleurs commencé. De nombreuses boiseries intérieures avaient été retirées et une grande partie des fenêtres démontées, laissant béantes certaines ouvertures et précipitant ainsi les dégradations dues en partie aux infiltrations d’eau.

Les prémices de cette démolition avaient été stoppées net grâce à l’intervention de l’Architecte des Bâtiments de France qui devait donner son accord, puisque le presbytère se trouve dans un périmètre protégé et qu’il n’avait pas été consulté avant le début des travaux.

Il existait bien une solution « miracle » pour sauver l’édifice. Le faire protéger au titre des Monuments Historiques. Hélas, malgré le travail remarquable effectué par Jean-David Desforges et Frédéric Poupry, mettant en lumière l’intérêt historique et architectural de l’édifice, celui-ci a été « recalé » en Commission Régionale du l’Architecture et du Patrimoine. Seule préconisation lors de cette commission : conserver les éléments de façade.

Comme le « CHIC » n’est pas à son premier projet de démolition, nous pouvons aisément nous rendre compte du résultat de ce genre de préconisation, puisqu’en se rendant dans la rue derrière, nous pouvons contempler le résultat de ce « façadisme », puisqu’un autre édifice a déjà été détruit et qu’il ne reste de lui qu’un petit élément de façade « collé » contre le bâtiment principal du centre hospitalier, comme on peut le voir sur la photo qui suit.



Sauf que dans le cas du presbytère, si son ensemble n’est pas maintenu dans son intégralité, il y a fort à parier que la façade ne résistera pas. Nous avons suggéré à plusieurs reprises,depuis les débuts de « l’affaire », que le propriétaire fasse restaurer le presbytère pour l’intégrer à son projet d’extension, mais cette proposition a toujours été refusée.


Reste l’option « intelligente » de céder le presbytère à la ville qui est prête à prendre en charge sa réhabilitation. Le CHIC pourrait très bien procéder à la construction d’un étage sur l’hôpital existant. Mais cette solution simple n’est pas du goût de la direction, du moins jusqu’à présent.

C’est en partie pour cette raison que Monsieur Gomas nous a reçu, puisqu’il va rencontrer dès la rentrée le Directeur du Centre Hospitalier afin d’essayer de trouver une ultime fois, un accord pour sauver l’édifice.

Cette sauvegarde est d’autant plus importante pour la commune de Mamers, que celle-ci souhaite accéder au label « Petites citées de caractères ». La disparition du presbytère remplacé par un cube de béton face à l’église classée, compromettrait de facto cette labellisation.


En attendant, le presbytère, bien que mutilé, résiste aux assauts des éléments et attend fébrilement d’être fixé sur son avenir. À l’issue de cette réunion cordiale, nous avons décidé de poursuivre notre demande de mise sous protection de l’édifice, car même si la Commission Régionale de l’Architecture et du Patrimoine l’a « recalé », nous allons solliciter Madame la Ministre de la Culture qui sera en mesure de statuer une bonne fois pour toute sur l’avenir de ce patrimoine remarquable.


Notre pétition est donc plus que jamais active et nous vous invitons à la signer 
ICI.

Pour en savoir plus lire notre article précédent 
ICI.

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Crédits photographiques : La Gazette du Patrimoine






« Elle est moche cette église, il faut la démolir ! »


Suite à notre publication concernant la possible démolition de l’église de Mouflers dans la Somme, un commentaire nous a interpellé, c’est la raison pour laquelle nous souhaitons nous faire l’avocat de ce petit patrimoine Picard.


Voici le commentaire de Gilles X :

« Je vais peut-être me faire huer… je défends notre patrimoine et ai mené des actions dans ce sens, notamment dans des cimetières où certaines maires voulaient démolir des tombes et monuments réputés à l’abandon, ce qui est un pur scandale quand il s’agit de jeunes qui se sont faits tuer pour la France en 14/18.

Mais là… elle est moche, cette église, mal proportionnée… elle a l’air sinistre ! Mieux vaut faire un joli parc ou un beau jardin. »

Ce à quoi nous avons répondu :

« Imaginez que, du jour au lendemain, on décide de soigner uniquement les personnes au physique avantageux et qu’on laisse délibérément mourir les moches. Et bien pour le patrimoine, c’est pareil. »

Oui, c’est pareil. Car juger un édifice uniquement sur ses qualités esthétiques nous semble être très réducteur. Et puis le « beau » est une valeur tellement subjective. Décider de la destruction d’un patrimoine uniquement parce qu’il ne répond pas aux critères esthétiques de certains nous paraît extrêmement dangereux pour l’avenir.


N’oublions pas que même ces patrimoines « moches » ont été à un moment édifiés sur des critères esthétiques d’une époque, avec des matériaux d’une époque et le savoir-faire de cette même époque. N’oublions pas que des gens ont donné beaucoup d’argent pour faire construire cet édifice « moche », que des gens ont prié dans cet édifice « moche », qu’ils y ont trouvé du réconfort, qu’ils y ont baptisé leurs enfants, qu’ils s’y sont mariés, qu’ils y ont enterré des êtres chers…

Une église, même « moche », avant d’être un simple témoin architectural, est un symbole. Un symbole de notre histoire et de notre mémoire collective et il est parfaitement inconcevable que dans des périodes aussi tourmentées que la nôtre, on détruise ces symboles simplement parce qu’ils sont « moches ».

D’ailleurs, nous attendons toujours le « grand plan églises » évoqué dans l'Express par l’ancien député Yves Jégo le 5 août 2016, alors que la France était sous le choc de l’assassinat de Père Hamel quelques jours auparavant et suite au projet de démolition de l’église Sainte Rita dans le XVe arrondissement de Paris.

"Il y aurait actuellement plus de 300 églises menacées de disparition dans notre pays", interpelle le député-maire de Montereau. Yves Jégo souhaite rendre difficile la démolition des "édifices cultuels construits il y a plus de 75 ans "en les classant automatiquement comme "monument historiques". 

Une classification qui permettrait l'entretien, les réparations ou les restaurations des édifices par le ministère de la Culture, selon l'article 19 de la loi de 1905. Le député propose aussi de créer une "fondation du patrimoine religieux" et de transformer les édifices pour en faire "un usage culturel respectueux de ce qui fut le caractère sacré des lieux".


Hélas, il n’y a jamais eu de « plan églises » et les pelleteuses ne sont jamais bien loin des centaines d’édifices laissés sans « soins » depuis des décennies, auxquels on trouve tous les défauts du monde pour empêcher une quelconque restauration.


Nous savons pertinemment que certains diront que si les églises de France sont aujourd’hui en grand péril, c’est parce que les « fidèles » les ont désertées. Ce qui n’est pas faux. Mais est-ce une raison suffisante pour les détruire ?

N’oublions pas que le patrimoine, qu’il soit religieux ou non, peut se voir offrir un bel avenir dans une nouvelle affectation et qu’une réhabilitation sera toujours préférable à une démolition.

Lire notre précédent article au sujet de la démolition de l’église de Mouflers
ICI.

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Photo 1 : Église de Mouflers : Le Courrier Picard
Photo 2 : Église Saint-Jacques d’Abbeville : Le Courrier Picard
Photo 3 : Église Notre Dame des Anges à Belfort : France 3
Photo 4 : Église de Gesté :
La Croix

Quand l’art fait le mur…


C’est dans une petite commune d’Indre-et-Loire qui se nomme Les Hermites qu’une œuvre insolite orne désormais la façade de l’église Saint-Benoît, permettant notamment de mettre en valeur son cadran solaire.


Cette œuvre a été réalisée en utilisant la technique du sgraffito.

Le sgraffito trouve son origine dans le mot italien « graffiare » qui signifie griffer. Cette technique, qui nous vient de la Renaissance, consiste à gratter un motif sur deux couches d’enduit de chaux naturelle. La première couche foncée et rugueuse est alors recouverte d’une couche d’enduit plus lisse et plus claire que l’on gratte ensuite à l’aide d’une pointe.

On trouve ce genre d’ornements très fréquemment en Italie et notamment à Florence sur les façades de nombreux palais et demeures qui les mettent ainsi en valeur.

Certes Les Hermites ce n’est pas Florence, mais l’église Saint-Benoît méritait amplement d’être ainsi parée et, d’ailleurs, l’œuvre s’intègre tellement sur la façade que l’on pourrait croire que Saint Benoît et son corbeau ont toujours été là.

C’est Corinne Tual, co-gérante du Conservatoire Muro dell’Arte, qui détient ce précieux savoir-faire depuis vingt-cinq ans. Il a fallu deux mois d’études préparatoires pour la conception de cette œuvre, et c’est en compagnie d’Alejandro Cadena, artisan maçon du patrimoine et d’Anne Gervais étudiante au conservatoire, que Corinne Tual l’a réalisée.


Il aura fallu une semaine d’un travail sans relâche pour voir enfin apparaître Saint Benoît, car la technique du sgraffito ne supporte pas les fortes chaleurs et l’enduit doit être frais pour être travaillé. « Nous sommes au service du matériau », précise Corinne Tual, donc aucun temps de repos avant que l’œuvre ne soit achevée.

Cette réalisation est une première en France sur la façade d’une église.

Elle a été rendue possible grâce à la générosité d’un mécène qui est à l’origine de ce projet original.

Donc, que les traqueurs de dépenses d’argent public se rassurent, cela n’a rien couté à la commune. Bien évidemment le conseil municipal, les prêtres de la paroisse et la commission d’art sacré ont donné leur accord et ont accueilli très favorablement ce projet.

Cette œuvre unique qui pare désormais la façade de l’église rend ainsi hommage à Saint Benoît et à son histoire, mais également au savoir-faire de nos artisans et à la transmission d’un geste vieux de plus de cinq cents ans.


Notes :

Au sujet de ce « geste », Corinne Tual a appris il y a bien longtemps la technique de la fresque Renaissance dans un monastère de Haute-Provence auprès d'une moniale bénédictine qui avait appris elle-même auprès d'un maître italien ... La boucle est bouclée. Et, de plus, elle rêvait de pouvoir faire cela un jour sur une façade d'église.  


Saint Benoît de Nursie a fondé l'ordre bénédictin au VIe siècle et a répandu sa règle : les moines doivent partager leur temps entre la prière, le travail manuel, la lecture d'ouvrages spirituels et la copie de ceux-ci. Tous ses monastères se voient alors doté d'un scriptorium. Benoît a écrit dans sa retraite (une grotte) ses règles car la vie des monastères qu’il avait visités ne lui plaisait pas. Il a été décrié et on a voulu l'empoisonner avec du pain corrompu. Il a chargé le corbeau qu'il nourrissait tous les jours d'aller emporter ce pain très loin pour que personne ne puisse le manger. Et c'est dans sa grotte qu’il a écrit les règles du futur ordre bénédictin. Ce sgraffito évoque les quatre premiers chapitres de ses règles.


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Crédits photographiques : Conservatoire Muro del’Arte



Ils ont nettoyé la fontaine du Châtelet souillée : Guard Industrie les a accompagnés.


Mercredi 8 juin, une quinzaine de jeunes du collectif « Défendons notre patrimoine » se sont réunis autour de la fontaine du Châtelet, non pas pour manifester leur haine comme certains aiment à le penser, mais bel et bien pour venir au secours du patrimoine parisien en proie aux vandales qui trouvent judicieux de détériorer sans relâche les témoins de notre histoire culturelle.


Parce qu’ils veulent bien faire, ils souhaitent être guidés par des professionnels du patrimoine, mais pour le moment malgré notre appel, personne ne souhaite soutenir leur démarche. Il est vrai qu’il existe des dizaines de supports différents et qu’expliquer comment nettoyer un édifice de façon générale est délicat.


Alors pour limiter les risques de dégradations dus à l’utilisation de produits trop agressifs, nous avons demandé à l’entreprise Guard Industrie, spécialisée dans les produits de nettoyage des bâtiments de les accompagner dans leur démarche.

C’est donc tout naturellement que Barnabé Wayser, Président de Guard Industrie, a répondu à notre appel et a offert à ces jeunes des bidons de produit bio afin de limiter au maximum les risques de dégradations dues au nettoyage.


Les inscriptions étant très incrustées, l’opération s’en avérée plus difficile que prévue c’est pourquoi une séance de « finition » est prévue jeudi prochain. En espérant que, d’ici là, nous trouverons un professionnel du patrimoine qui acceptera d’encadrer ces jeunes plein de bonne volonté qui ne demandent qu’à bien faire.

En attendant, nous tenons à remercier Barnabé Wayser pour son geste.

Merci à cette entreprise se s’engager à nos côtés.

Liens vidéo
ICI et ICI.

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Crédits photographiques : Thomas Perrigault

Mouflers : le maire envisage de démolir son église.


C’est à Mouflers, un charmant village situé dans le département de la Somme, que Monsieur le Maire, Yves Crépy, a eu la bonne (?) idée de mettre à l’ordre du jour de son conseil municipal du 3 juillet le devenir de l’église de la commune.

Laissée à l’abandon depuis plus de dix ans, il a sans doute trouvé judicieux d’annoncer tout simplement que n’ayant pas les moyens, il fallait envisager la démolition de l’édifice construit en 1868.

Un état de péril est d’ailleurs fièrement affiché et on peut lire une date qui en dit long sur la réactivité des élus de cette commune : 2009 ! cela veut dire que depuis 11 ans, un arrêté de péril court toujours, sans que la moindre action ait été entreprise. Et l’élu est en place depuis 2001.

Cela se passe de commentaire.


Quoi qu’il en soit, lors de ce conseil, une élue s’est farouchement opposée à l’idée de cette démolition, et il ne fait aucun doute que les habitants feront de même.

Comme l’édile a de la suite dans les idées, il avance que si un référendum populaire était organisé, comme les habitants sont en majorité des jeunes, qui ne sont pas originaires de Mouflers, le résultat serait sans appel et la démolition serait approuvée par la majorité des habitants.

Nous pensons que c’est sous-estimer la jeunesse, mais soit. Alors pour éviter les déconvenues de ce référendum « à charge », il est bon de rappeler que depuis 1905 la commune a la charge de l’entretien de son patrimoine religieux et que si rien n’a été fait depuis des décennies, cela est tout à fait contraire à la loi.


Il est important de rappeler également, que lorsque les édifices sont très endommagés, il est possible de réaliser les restaurations par tranches. Les travaux d’urgence en premier lieu, et le reste un peu chaque année. Cela permet de ne pas impacter les contribuables et de ne pas mettre en danger les finances de la commune. Le mécénat, les chantiers bénévoles et les souscriptions peuvent être d’un grand secours, sans oublier les subventions régionales et départementales, car même si l’église n’est pas protégée au titre des monuments historiques, la Région Hauts-de-France est la première à avoir mis en place des dispositifs d’aides pour le patrimoine non protégé. Mais si on ne demande pas, on n’a pas !


L’élu précise cependant que rien n’est décidé et qu’il faut encore demander les autorisations au Diocèse et au Préfet.

Bien évidemment, nous suivrons cela de très près afin que cet édifice reste debout. Ce département a déjà connu une démolition « traumatisante » avec l’église Saint-Jacques d’Abbeville, il est inutile d’en rajouter.

Sources : Le Courrier Picard

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Crédits photographiques : Le Courrier Picard

Orpierre martyrisé, mais Orpierre libéré !


Pour tous ceux qui ont suivi la « saga » du village d’Orpierre, nous arrivons à l’avant-dernier épisode. Alors que la maison « Della Ragionne » était frappée d’un arrêté de péril, la grand’rue de ce joli village médiéval des Hautes-Alpes avait été fermée il y a deux ans, pour des raisons de sécurité.


On imagine les contraintes supportées par les riverains pendant tout ce temps. Mais le lundi 6 juin à 18h30, la rue a été rendue à ses habitants, car la maison ne présente plus aucun risque pour la sécurité des personnes, grâce au remarquable travail mené sans relâche, depuis l’hiver, par Éric Avargues, son nouveau propriétaire et sauveur.

Certains penserons que nous en faisons trop pour une « simple » petite maison de village, mais cette maison est un bel exemple de ce que l’on peut faire pour la sauvegarde du petit patrimoine de nos territoires et parce qu’il n’y a pas de grand ou de petit patrimoine, il y a « Le » patrimoine.

Il aura suffi d’un message sur LinkedIn (enfin deux, puisque nous n’avions pas réagi au premier) pour que cette maison soit sauvée alors que les démons de la démolition menaçaient.

Puis, il a suffi d’une idée : proposer l’édifice à l’euro symbolique. Erreur de notre part, car si une commune a le droit de proposer ce genre de transaction, un propriétaire privé non.

Peu importe, sur ce point-là, les choses ont mis plus de temps que prévu, mais sont en passe d’être réglées.

Puis, il a suffi de deux publications sur Facebook pour trouver celui qui relèverait ce défi. Et nous l’avons trouvé, malgré les coups bas de l’ancien maire qui ne rêvait que d’une chose, voir l’édifice par terre, pour des raisons que nous ignorons toujours.

Enfin, nous vous présentons ici une synthèse très édulcorée de notre action, car si effectivement, elle se résume à deux messages et deux publications, en « coulisse » les choses ont été bien différentes.


C’est l’histoire d’une bonne centaine de mails, à peu près le même nombre d’heures passées au téléphone, des jours et des nuits d’inquiétude, avec entre temps un nouvel arrêté de péril et surtout l’angoisse du temps qui passe et qui se rapproche un peu plus de la démolition, prévue seulement trois semaines après le début de notre action.

On comprendra mieux que la maison d’Orpierre est pour nous, bien plus que la simple sauvegarde d’une maison médiévale.

Et l’humain dans tout ça ?

On nous reproche souvent de nous occuper plus des pierres que des hommes.

Et bien là, c’est aussi une incroyable aventure humaine, émaillée de belles rencontres. Des rencontres avec des personnes passionnées et passionnantes, comme il en existe sans doute beaucoup, mais qu’il est rare de croiser. Des personnes qui ont l’amour des pierres dans les veines et qui donnent tout pour les sauver.

Comme dans tous les films, à la fin, il y a le générique avec le nom des acteurs, alors nous nous permettons de nommés tous ceux dont le rôle a été déterminant et nous leur adressons tous nos remerciements.


-Catherine de Ségovia Spada qui nous a alerté via LinkedIn

-Annick Chappaz-Gillot, présidente de l’association « Les amis d’Orpierre » avec laquelle nous avons échangé si longuement pour trouver une solution.

-Madame la Sénatrice Patricia Morhet-Richaud qui nous a été d’un grand secours en servant de « médiateur » entre nous, la préfecture et la mairie alors que le dialogue était impossible.

-Et enfin, Monsieur Éric Avargues et son épouse, nos acquéreurs providentiels et sauveurs incontestables de ces pierres multi-centenaires, qui malgré toutes les difficultés rencontrées n’ont jamais renoncé.


[Eric Avargues et son épouse en compagnie d’Annick Chappaz-Gillot et du Maire Gilles Crémilleux]

Cette histoire scelle sans doute la renaissance de ce magnifique village, car désormais, c’est un maire soucieux de son patrimoine qui est fraichement élu et qui, nul doute, prendra cette « aventure » en exemple pour valoriser ses « pierres d’or ». Monsieur Gilles Crémilleux, a donc rendu lundi sa liberté à la grand’rue et, symboliquement, a libéré Orpierre.



Message personnel : Merci à Jean-Philippe Chappaz-Gillot et à mon mari Phillippe Romanski d’avoir supporté pendant un mois nos conversations téléphoniques et nos angoisses.

Rendez-vous à Orpierre dans quelques temps pour l’épisode final : l’inauguration de la maison restaurée.

Lire notre précédent article sur ce sujet ICI.

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Photos 1-2-3-4 : Jean-Philippe Chappaz-Gillot
Photo 5 : Gilles Crémilleux







Promotion immobilière : coup de tonnerre sur Brest


Depuis quelques jours, un projet immobilier fait gronder les Brestois et en particulier les riverains du cours Dajot.


Alors même que la villa Crosnier fait partie des édifices emblématiques de la ville, tout comme son « voisin » l’hôtel Caradec, c’est entre les deux qu’un promoteur souhaite construire un immeuble de 7 étages — rien que ça !

Si ce projet se concrétise, c’est tout un côté de la villa Crosnier qui se retrouverait « aveugle ».


Le permis de construire est en cours d’instruction, en attente de l’aval de l’Architecte des Bâtiments de France. Les propriétaires de la villa sont inquiets et consternés :

« Nous sommes propriétaires de la villa Crosnier un des rares édifices d'avant-guerre encore debout et témoin exemplaire du prestige patrimonial de l'histoire de Brest.

Il y a tout juste trois semaines, nous avons été avertis de manière officieuse que la mairie a donné son accord pour la construction d'une barre d'immeuble de sept étages agglutiné à la villa Crosnier et qui va donc boucher entièrement l'une des quatre façades de cet emblème brestois.

Alors que nous nous devons de demander la permission aux bâtiments de France dès lors qu'il s'agit de la couleur des volets ou des matériaux utilisés à la rambarde de la maison, pourquoi déroule t-on le tapis rouge à un promoteur immobilier en pleine zone protégée de la ville à moins de cinq cent mètres du château de Brest, monument historique, et à moins de deux cent mètres d'un autre ISMH de la ville, à savoir le monument américain ? »



« On a essayé de nous amadouer, symboliquement de nous faire taire en nous disant qu'on devrait être content que la construction se fasse, car elle va faire grimper les prix de l'immobilier à huit-neuf mille euros le mètre carré, et de cette manière faire grimper la valeur de la villa Crosnier.

Cette histoire ubuesque ressemble à un mauvais rêve, mais c'est la triste réalité qui dépasse la fiction. Nous propriétaires de la villa Crosnier, nous nous retrouvons à lutter face à des ennemis tout puissants qui font leur loi dans toute la ville. C'est David contre Goliath. »


Un collectif de sauvegarde est en cours de création et compte bien empêcher la naissance de ce projet, contraire à la mise en valeur du patrimoine brestois et contraire aux lois relatives à la protection des Monuments Historiques.


La balle est donc dans le camp de l’ABF, mais nous savons que, parfois, les décisions concernant les constructions dans des zones protégées sont des plus… surprenantes. Cela étant dit, si l’ABF autorise cette construction, alors tout est dorénavant permis !

À suivre…

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Crédits photographiques :
Photos 1-2-5 : Jacqueline Kernéïs
photo 3 : Château de Brest © Guillaume Team/Brest.fr
photo 4 : Monument Américain, cours Dajot © Mathieu Le Gall/Brest.fr


Le top-départ du show « Son & Lumière 2020 » de la Cathédrale de Rouen


“Ce que je ferai, ce sera l’impression de ce que j’aurai ressenti” aurait dit Claude Monet, artiste peintre français mondialement reconnu comme étant le fondateur de l’impressionnisme. Parce qu’il en est le fondateur, on peut dire que cette citation définit à la perfection les fondements de ce mouvement pictural de la seconde moitié du XIXe siècle.


« Les voyages impressionnistes » est un évènement culturel qui devait avoir lieu d’avril à juillet 2020 mais qui s’est vu reporté de juillet à septembre-octobre en raison de la crise sanitaire.


9 territoires sont concernés et seront marqués par des activités culturelles qui plairont aux petits et aux grands : la région de Caen, l’Estuaire de la Seine, la Côte d’Albâtre, Rouen et les boucles de la Seine, Giverny et ses environs, Auvers-sur-Oise, les Bords de Seine, Paris et Montmartre, et enfin la région Île-de-France, de Yerres à Barbizon.



Le 04 juillet au soir avait lieu à Rouen le premier son et lumière de l’année 2020. Et si chaque année la Cathédrale de « la Ville aux Cent clochers » se pare de lumière, cette année l’édifice est apparu aux yeux de son public avec des allures impressionnistes, tout en mettant en avant la fière culture normande. Ainsi, le spectacle s’est ouvert avec des panneaux animés racontant brièvement l’histoire médiévale de la Normandie (la Guerre de Cent ans notamment) et en mettant à l’honneur l’héroïne de la région : Jeanne d’Arc. Puis le spectacle a continué permettant aux spectateurs de ressentir ce que les peintres impressionnistes ont ressenti à leur époque, alors que leurs pinceaux dansaient sur leurs toiles.


Un spectacle de toute beauté qui s’est déroulé sous la pluie. Une fois n’est pas coutume, le temps de Normandie s’est invité à la fête. Ce qui n’a pas particulièrement dérangé la foule, étonnamment peu nombreuse, qui est restée pour admirer la Cathédrale dans son écrin de lumière. La Normandie, on l’a dans la peau ou on ne l’a pas !


Il faut saluer l’organisation de l’évènement par la métropole qui pour réguler la foule avait prévu trois entrées différentes afin d’assurer la sécurité sanitaire des spectateurs. On regrettera juste l’horaire tardif de cette manifestation haute en couleurs et en émotions, qui n’a pas permis au public venu en transports en commun, de rester jusqu’à la fin, les derniers bus passant bien avant la fin du spectacle.



Néanmoins, l’horaire de début du spectacle va évoluer au cours de l’été comme indiqué sur le site de l’Office de Tourisme de Rouen : 22h30 dès le 1er août, 22h à partir du 16 août, et 21h30 à partir du 1er septembre. Ce qui permettra à tout un chacun d’assister à l’illumination de la Cathédrale 2020 !


En tout cas, c’est un bel événement rouennais mêlant nouvelles technologies et Histoire, Art et Culture, passé et présent.

Mélaine Lhomme pour La Gazette du Patrimoine

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Crédits photographiques : Mélaine Lhomme


Tombes profanées dans l’Eure : pas de repos éternel pour la bêtise humaine


C’est à Lieurey, un petit village tranquille du département de l’Eure, que les faits se sont déroulés.


Une dizaine de tombes a été vandalisée probablement à coups de masse. D’après les gendarmes en charge de l’enquête, les faits remonteraient à fin mai ou début juin. C’est en effectuant des travaux de nettoyage dans ce petit cimetière un peu isolé de la commune que des employés municipaux ont constaté les dégâts le 11 juin dernier.

Aucun « tag », ni aucune inscription, n’a été découvert sur les lieux pour indiquer les motivations des vandales. Un acte « gratuit » probablement.


Le seul dénominateur commun entre ces tombes mutilées, c’est qu’elles sont anciennes. Parmi elles figure même celle d’un bébé d’un an, enterré ici dans les années 1950. Aucun corps n’a été bien heureusement exhumé, mais les dégâts sur certaines sépultures sont importants. Pour d’autres, ce sont « seulement » les croix qui ont été brisées.

Comme ces tombes sont anciennes, il a été impossible de retrouver les familles. C’est donc la commune qui a porté plainte.


Sauf à imaginer que des faits similaires se reproduisent bientôt et que les vandales soient pris en flagrant délit, il est peu probable ce derniers soient inquiétés.

Pour l’aider à résoudre cette affaire, la gendarmerie lance un appel à témoins. Toute personne pensant disposer de renseignements liés à cette affaire est invitée à prendre contact avec la brigade de gendarmerie de Saint-Georges-du-Vièvre (tél. 02 32 42 80 17).


Nous allons nous rapprocher de la commune afin de connaître les modalités de restauration envisagées, pour rendre leur dignité à ces morts qui n’avaient rien demandé à personne.


Si la mise en place d’un chantier bénévole est possible, nous ne manquerons pas de lancer un appel dans ce sens dans les prochains jours.

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Crédits photographiques Steven Soulard pour La Gazette du Patrimoine




Corbeil-Essonnes : l’église Saint-Paul ravagée par un incendie



C’est vers 4h30 ce samedi 4 juillet qu’un habitant demeurant non loin de l’édifice a donné l’alerte. Cette petite église construite en 1911 était surtout fréquentée depuis une vingtaine d’année par la communauté franco-polonaise et réunissait régulièrement plus de deux cents fidèles. D’ailleurs, une messe avait encore été célébrée la veille.

Le père Andrzej Barnas ne comprend absolument pas comment son église a pu être ainsi mutilée, mais il rappelle qu’il y a deux ans elle avait été taguée de façon très agressive.

Malgré l’intervention rapide de nombreux pompiers, l’intérieur de l’édifice est ravagé et nous ignorons pour le moment si la restauration sera envisageable.


On ignore aussi pour le moment les causes de l’incendie, mais les gendarmes ont remarqué qu’une salle toute proche, utilisée pour le catéchisme, a subi une tentative d’intrusion.

Pour les habitants du quartier c’est « comme pour Notre-Dame mais en plus petit ».

Voir disparaître sous les flammes un patrimoine familier, que l’on soit pratiquant ou non, est toujours un déchirement.

Si l’incendie est d’origine criminelle, nous espérons que les auteurs seront identifiés et sévèrement punis pour leurs actes.

Sources :
Le Parisien.

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Crédit Photographiques : Le Parisien /Gérald Moruzzi